| Ecrit par Marie Varnieu,
le 12-11-2007 00:00
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Pour l’instant, seuls le PMU et la Française des Jeux sont autorisés à proposer des paris sportifs en ligne. Mais Bruxelles, qui estime que cette mesure est "discriminatoire" appelle la France à ouvrir son marché  D'ici quelques mois, le PMU risque de ne plus avoir le monopole sur les paris hippiques (Photo DR)
L’Etat français va devoir miser sur le bon cheval. Alors que la Commission européenne de Bruxelles lui ordonne d’ouvrir son marché de paris sportifs en ligne (courses hippiques, rencontres sportives), la France préconise elle une "ouverture maîtrisée". Car selon Bruxelles, le monopole de la Française des Jeux et du Pari Mutuel Urbain (PMU) sur les paris constitue une mesure "discriminatoire" au nom de la libre circulation des services reconnue par le Traité de Rome. Pour la Cour européenne de Justice, "les Etats ne peuvent apporter de limite au principe de libre prestation des services de paris sportifs, sauf s’il s’agit de protéger l’ordre public ou le consommateur." La France est donc hors la loi vis-à-vis des règles de l’Union européenne et devra présenter en février des "conclusions transitoires" sur le sujet. Elle devra ainsi se mettre dans le droit chemin et tout cela risque de prendre du temps. Les paris en ligne ont rapporté l’an dernier à l’Etat 4 milliards d’euros. S’il consent à faire de très légères concessions, il entend bien "garder la maîtrise de la fiscalité" comme l’affirme Eric Woerth, ministre du Budget, auditionné la semaine dernière par Bruxelles qui a ouvert il y a un an une enquête contre la France pour "infraction aux règles de la concurrence en matière de paris sportifs."
100.000 parieurs sur Unibet Pourtant, le nombre de sites qui proposent de parier en ligne fait florès. Seulement, au vu de la législation française qui ne reconnaît que la FdJ et les PMU, ils sont illégaux. Les créateurs de ses sites ont donc trouvé l’astuce : ils s’installent à l’étranger, généralement dans les paradis fiscaux où ils obtiennent facilement des licences d’exercer, pour diffuser librement leurs offres en France. Et ça marche ! Même si elle est tenue de limiter le volume de ses paris, la Française des Jeux enregistre 10.000 parieurs par semaine, un site anglais comme Unibet, coté en Suède, domicilié à Malte, et première société européenne de jeux en ligne, en compte près de 100.000... par jour. Ce succès inquiète les détenteurs du monopole : le mois dernier, le propriétaire d’Unibet, le Suédois Petter Nylander était arrêté pour infraction au monopole des jeux français à l’aéroport d’Amsterdam sur un mandat d’arrêt européen délivré par le tribunal de Nanterre. La Française des Jeux et PMU avaient porté plainte pour "loterie illicite, prises de paris illicites sur courses de chevaux et publicité de loterie illicite." Le PDG a été remis en liberté contre une caution de 200.000 euros. Lui-même appelle à la fin du monopole des jeux en France. Marie VARNIEU. (www.lepetitjournal.com) lundi 12 novembre 2007 Pour en savoir plus : Site officiel du PMU Site officiel de la Française des Jeux Les jeux en chiffres - En 2006, le PMU a enregistré 400 millions d’euros sur ses paris hippiques, soit 5% de son chiffre d’affaire de 8,1 milliards d’euros - Pour la même année, la Française des Jeux a relevé 10 millions d’euros pour les paris des rencontres sportives, soit 0,1% de son chiffre d’affaires de 9,5 milliards d’euros - Le marché des jeux en ligne a dépassé les 4 milliards d’euros l’an dernier. Il pourrait atteindre 600 milliards de d’euros en 2015. - La FdJ compte 10.000 parieurs en ligne par semaine, Unibet 100.000 par jour - 98% des paris réalisés par des Français sur internet sont effectués sur des sites basés à l’étranger - Les paris en ligne représentent 62.000 emplois directs tandis que la FdJ embauche 934 personnes
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