|
RENCONTRE - Docteur Alejandro Afani, le médecin enchanté |
|
|
lundi 19 novembre 2007 |
Le Docteur Alejandro Afani, médecin immunologue, spécialiste du VIH, est le directeur academique de la faculté de médecine de l’université du Chili. C’est à Lyon, dans un laboratoire de l’INSERM, qu’il s’est spécialisé dans le sida
Non content d’être l’un des médecins phare au Chili, en matière de traitement et de recherche sur le sida, le Docteur Alejandro Afani est en plus auteur et compositeur de chansons. Deux passions qu’il conjugue avec talent ; ses compositions ont eu de nombreux prix dans des festivals à Viña del Mar, comme au Caire. "Il n’y a jamais eu de conflit de vocation ; j’ai toujours su que je voulais faire médecine, mais la musique est pour moi un merveilleux échappatoire par lequel je me libère de mes tensions professionnelles. J’y consacre presque tout mon temps libre", commente-t-il. De fait, on se demande comment il se rend disponible pour sa vie bien remplie, quand il invente des ritournelles romantiques comme “Y donde estés”. Directeur pédagogique de la faculté de médecine, il enseigne, consulte en cabinet et à l’hôpital, fait partie avec trois confrères du comité scientifique CONASIDA, qui centralise les cas de Sida du Chili, et, enfin, participe à un protocole de recherche médicamenteuse ! Du côté de la maladie, il nous assure que les nouvelles sont bonnes : "on est passé d’une maladie incurable à une maladie chronique", explique-t-il .
INSERM de Lyon C’est fort d’un passé de bon élève de français qu’il postule pour une bourse de doctorat en France pour se spécialiser en immunologie : "Et puis c’est quand même le pays où l’on a découvert le virus du sida", rappelle-t-il. En 1993, avec deux bourses en poche - celle du Président de la république, plus la "Pierre et Marie Curie" de l’Union Européenne-, il débarque à l’INSERM de Lyon dans l’unité de "Rétrovirus, VIH, hépatites" dirigée par le professeur Christian Trépo, une sommité française en matière surtout d’hépatite. "J’ai beaucoup aimé Lyon et sa formidable gastronomie", raconte-t-il dans un français là aussi d'expert, confessant à l’époque avoir eu du mal à quitter l’été chilien pour affronter la froideur lyonnaise, tant climatique qu’humaine. Sa spécialisation sera complétée par un stage à l’Hôtel-Dieu. Au bout de deux ans, il rentre au Chili où grâce à un projet Ecos-Conycit (partenariat scientifique franco-chilien), il entretiendra encore pendant 4 ans des liens étroits, faits d’aller-retours et de recherches conjointes avec ce laboratoire. Une collaboration qui débouche, en 1998, sur une découverte majeure pour le Chili : l’établissement du sous-type de virus VIH, prévalant dans le pays. Elle fera d’ailleurs l’objet d’une publication dans la prestigieuse revue américaine Aids. Aujourd’hui, entre congrès médicaux et festivals musicaux , il voyage beaucoup, surtout en Europe, et toujours en joignant l’utile à l’agréable. Une devise qui semble bien lui réussir. Sophie ROUCHON. (www.lepetitjournal.com - Santiago) lundi 12 novembre2007 |