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SOCIÉTÉ – Qui s'inquiète des banlieues ? |
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jeudi 08 novembre 2007 |
Un rapport de la Cour des Comptes pointe du doigt le désengagement de l’Etat dans les banlieues. Retard de paiement pour les associations, lourdeur des dispositifs… le constat est accablant pour les gouvernements successifs
Il semble que les jeunes casquettes-survet-basket n’intéressent pas les gouvernements. Et que les "cités" soient devenues un sujet non-grata. C’est ce qui ressort principalement du rapport rendu public hier de la Cour des Comptes, commandé par la commission des Finances du Sénat. L’institution bicentenaire dresse en effet un constat accablant de la situation de délabrement dans lequel tombent les banlieues, laissées à l’abandon économiquement par les gouvernements successifs depuis une bonne dizaine d’années. Selon le rapport de 130 pages, les associations de terrain sont les premières à souffrir du manque d’intérêt de l'Etat. Constamment en attente de subventions, la plupart d'entre elles fonctionnent à flux tendu et espèrent patiemment que les deniers arrivent. Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la politique de la Ville, chargée d’établir un Plan Banlieue d’ici à la nouvelle année, a assuré aux acteurs de terrain que les subventions arriveront sans faute "dès le début de l’année, pour les rassurer. " Dans les textes, cela est déjà le cas. Dans les faits, l’argent pointe généralement six mois plus tard…
2007, bis repetita Déjà en 2002, la Cour des Comptes critiquait la gestion des crédits de l’Etat versés aux banlieues. Et déjà, les mêmes problèmes : retard de paiement, lourdeurs administratives pour l’obtention de subventions… Le désengagement de l’Etat est illustré par le Comité interministériel des villes. Présidé par le Premier ministre, il est censé fixer les orientations et les budgets de la politique de la ville. Sous les ordres du socialiste Lionel Jospin (1997-2002), le CIV a été convoqué sept fois. Sous Jean-Pierre Raffarin, pas une seule réunion ne s’est tenue. Dans les banlieues pourtant, le chômage atteint les 22%, deux fois plus que celui de la moyenne nationale. Chez les 15-24 ans, ce chiffre grimpe à 42%. Depuis le dernier rapport de 2002, un quinquennat s'est écoulé, puis les émeutes en banlieues sont passées par là. Mais la politique de la ville reste la même. L’ancien ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy avait pris le problème à bras le corps, multipliant les rendez-vous banlieusards où il souhaitait "karcheriser" la "racaille". Depuis son élection à la Présidence, il n’est plus retourné une seule fois en banlieue. Marie VARNIEU. (www.lepetitjournal.com) jeudi 8 novembre 2007
Dossier du Parisien
Ni Putes Ni Soumises mais en colère C’est le branle-bas de combat chez les militants de Ni Putes Ni Soumises. L’association se réunit aujourd’hui pour son université d’automne et déjà, des voix de protestation se font entendre. Selon des membres du réseau, l’actuelle présidente, Sihem Habchi, qui a pris la suite de Fadela Amara appelée au gouvernement, prendrait ses ordres auprès de… Fadela Amara. Certains bénévoles se sentent ainsi floués et estiment avoir été utilisés pour servir les intérêts politiques de la Secrétaire d’Etat à la Politique de la Ville. Résultat, une vingtaine d’antennes régionales s’apprêtent à fermer leurs portes. Najia Amzal, du comité de Stains et Pierrefitte (Seine-St-Denis), dénonce un "manque de démocratie à l’intérieur, la rétention des informations et l’absence d’autonomie du mouvement". Quant à Soria Makti, de Marseille, elle dit ne pas avoir envie "d’être une courroie de transmission. Je travaille pour les femmes opprimées, pas pour une qui a les crocs". De plus, pour illustrer l’influence de leur ancienne présidente, les militants jugent inacceptable que Mohamed Abdi, allié sans faille de Fadela Amara soit aujourd’hui secrétaire général de l’association et aussi conseiller spécial auprès de la Secrétaire d’Etat. M.V. (LPJ- 8-11-07) |