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POLITIQUE- Les "petits frères" se rebellent |
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jeudi 08 novembre 2007 |
La Confrérie a accouché d'une nouvelle génération qui essaie de se faire entendre et n'hésite pas à nager à contre-courant… au grand dam de la vieille garde qui aimerait garder le contrôle
Sur la photo, Mahdi Akef, le guide suprême de la Confrérie et Abdel Moneim , un jeune blogueur frère.(Photo DR)
Des jeunes qui parlent couramment les langues étrangères, qui s'habillent et se coiffent à la dernière mode et qui écoutent les chansons d'Oum Kalthoum et Fayrouz. Il ne s'agit pas ici des membres d'un club chic du Caire mais de la nouvelle génération des Frères musulmans. Ce jeune courant a vu le jour en 2005 en plein "printemps de liberté". Le contact étroit avec les autres forces politiques pendant les manifestations et les protestations les a rendu beaucoup plus ouverts aux libéraux, socialistes (ennemis historiques des frères) et ONG des Droits de l'Homme. L'éducation politique de ce groupe s'explique aussi par l'ouverture médiatique sans précédent du monde arabe. Elle a permis de fournir à ces jeunes une culture beaucoup plus riche et diversifiée que le programme éducatif des Frères. Cette nouvelle génération s'est servie de la révolution médiatique actuelle pour s'exprimer librement sur internet et même dans les journaux, ce que ne faisaient pas leurs aînés. Pour la première fois dans l'histoire de la Confrérie, née en 1929, les affaires internes sont abordées et débattues publiquement. Ces "petits frères" ont même osé franchir les lignes rouges en remettant en question le mélange entre politique et religieux qui constitue le cœur de l'idéologie des Frères.
Mis à l'écart Ces critiques ne sont pas les bienvenues au sein de la Confrérie. Plusieurs membres de ce "courant", selon Mohammed Hamza, un jeune blogueur frère, sont mal perçus et persécutés par leurs supérieurs qui les jugent parfois moins fidèles à l'idéologie frériste. "Les responsables des frères ont tendance à négliger ce groupe et leurs critiques pour ne pas le donner un poids", explique Khalil El-Anani, chercheur et rédacteur en chef adjoint du magazine Politiques Internationales. Cependant, les "néo-frères" refusent de rester les bras croisés face à ces tentatives de marginalisation. Cette semaine, une dissidence électronique eu lieu au sein de la Confrérie : un groupe de blogueurs frères a lancé le site de Ikhwan offline (frères hors ligne), parodie du site officiel des frères "Ikhwanonline". "Nous avons eu recours à ce moyen après avoir tout essayé pour faire entendre notre voix aux responsables du site sans aucun succès", disent les fondateurs anonymes de ce site. Malgré les difficultés, ce courant gagne de l'ampleur au sein des jeunes frères, notamment dans le milieu étudiant. Par conséquent, la Confrérie commence à adopter une position plus tolérante. La semaine dernière, le blocus imposé à ce groupe a été suspendu quand Mohammed Morssi, responsable du politburo de la confrérie, a rencontré 25 blogueurs frères, une autre stratégie pour tenter de les contenir. "La confrérie a intérêt à ne pas réprimer ce courant qui est parvenu à maintenir des bons liens avec tout le spectre politique. Sinon, ces jeunes pourraient la quitter pour militer ailleurs", analyse El-Anani. Moaaz MAHMOUD. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) jeudi 8 novembre 2007
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