| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 07-11-2007 00:00
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Le géant du luxe LVMH s’est offert Les Echos pour 240 millions d’euros. Les salariés du quotidien économique ont bataillé pendant des mois pour empêcher cette vente, craignant pour leur indépendance éditoriale Le groupe britannique Pearson (The Financial Times), propriétaire des Echos voulait se séparer du titre pour se recentrer sur l’édition. Bernard Arnault, président du groupe LVMH connu pour ses marques de luxe (Louis Vuitton, Dior, Céline, Kenzo, Chaumet), souhaitait ardemment acquérir le premier quotidien économique français. Tout le monde s’est finalement entendu mardi : LVMH a racheté Les Echos pour 240 millions d’euros. Mais tout le monde n’est pas satisfait. Les salariés du journal qui ne décolèrent pas ont empêché la parution du quotidien hier. Tous unis, ils sont mobilisés depuis l’annonce il y a quatre mois de la négociation entre Pearson et LVMH. Conférences de presse, tribunes, pétitions, et déjà 3 grèves : les 510 salariés, dont 220 journalistes, n’ont pas ménagé leur peine pour s’opposer à la transaction. Ils sont même allés jusqu’à encourager l’offre concurrente, supérieure de 5 millions d’euros, du groupe financier Fimalac, soutenue par la direction de la rédaction. De l’indépendance éditoriale Les salariés des Echos s’inquiètent depuis le début pour leur indépendance éditoriale. Septième fortune mondiale estimée à 26 milliards d’euros, Bernard Arnauld est présent partout via LVMH : luxe, vins spiritueux (Moët & Chandon, Veuve Cliquot, Château d'Yquem), la distribution (Le Bon Marché, Sephora), si bien que le groupe a été cité 130 fois par le journal depuis le début de l’année. Difficile donc de ne pas percevoir les conflits d’intérêts qui planent au dessus de la rédaction. Sans oublier les liens privilégiés d’Arnault avec Nicolas Sarkozy dont il a été le témoin de mariage. En désespoir de cause, les représentants des salariés se sont battus pour obtenir un maximum de garanties sociales, comme la rédaction d’une charte éthique et la mise en place d’un comité d’indépendance éditoriale. LVMH a également promis le maintien des effectifs pendant 3 ans. Bernard Arnauld attend maintenant le feu vert des autorités de la concurrence. LVMH doit en effet céder La Tribune, le principal concurrent des Echos. De quoi inquiéter un peu plus les salariés de ce dernier : depuis sa reprise en 1993, La Tribune a usé 5 PDG et 5 directeurs de la rédaction, et perd entre 12 et 15 millions d’euros par an en moyenne... Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 7 novembre 2007
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