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MICRO-TROTTOIR - L'avis des Bucarestois sur les événements en Italie |
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mardi 06 novembre 2007 |
La tension reste vive entre Bucarest en Rome, les agressions et infractions perpétrées par quelques Roumains vivant en Italie ont mis à mal les relations jusqu'ici très courtoises entre les deux pays. Le Premier ministre Calin Popescu Tariceanu est aujourd'hui à Rome pour tenter d'y remédier. Une affaire qui a marqué les Bucarestois. Ceux que Lepetitjournal a interviewés étaient visiblement très remontés, et peu enclin aux propos nuancés ...
Cornel, 50 ans, designer : "Je suis complètement écoeuré parce que l’on ne fait pas de différence entre les Roms et les Roumains. Eux se sont autoproclamés Roms pour bénéficier de leurs droits de minorité, mais sur leurs papiers d’identité il n’est pas écrit qu’ils sont Roms, mais Roumains. Je suis consterné. J’ai beaucoup d’amis en Italie avec qui j’ai de très bonnes relations. J’ai d’ailleurs travaillé là-bas dans le domaine de la mode. Et maintenant j’ai presque honte de dire que je suis Roumain."
Petre Vasile, 20 ans, étudiant : "Cela dépend du regard de chacun. Il y a ceux qui regardent les Roumains en général comme des voleurs et des violeurs et les autres Italiens qui regardent les Roumains comme des gens normaux. Pour moi, c’est la faute des politiciens car ils ont laissé les Roms partir en Italie. Il fallait être plus rigoureux, plus strict. On a laissé partir trop facilement ceux qui n’auraient pas dû partir. Maintenant on en paie les conséquences."
Gabriela, 37 ans, comptable : "Les tziganes (Roms, ndlr), on sait qu’ils sont les mêmes en Italie et en Roumanie. Mais il n’existe pas vraiment de problème de discrimination en Roumanie parce que les tziganes se comportent comme ils se comportent. Les tziganes sont ce qu’ils sont, ici on les connaît bien. Aussi, je ne suis pas étonnée de ce qui s’est passé en Italie. Ce problème n’est pas seulement celui de la Roumanie, mais de l’Europe. Par contre, je ne pense pas que la fermeture des frontières serait normale. Nous faisons partie de l’Europe oui ou non ?"
Laurentiu, 35 ans, ouvrier : "C’est normal ce que font les Italiens. Moi, j’ai travaillé en Italie et je pense qu’ils ont raison de faire ça. Il y a des Roumains honnêtes qui travaillent là-bas, mais les Italiens ont tout de même raison de renvoyer ceux qui ne le sont pas en Roumanie. Je ne sais pas si c’est bien de fermer les frontières mais ils doivent expulser les Roms de chez eux car ces derniers n’y vont pas pour travailler mais pour voler."
Viorela, 59 ans, artiste plastique : "Nous devons prendre de la distance et ne pas donner trop d’importance à ces faits divers. Cela arrive dans n’importe quel pays, dans n’importe quelle communauté. Cette agression (le meurtre de l'Italienne Giovanna Reggiani, ndlr) a été commise par un citoyen européen. Et nous sommes tous des citoyens européens. Alors nous Roumains, on ne doit pas se sentir visés. J’appelle nos concitoyens européens à nous apprécier chacun selon notre mérite et notre comportement. On devrait mettre davantage en évidence ce que nous apportons de bien aux Européens."
Propos recueillis par Jules RAVAUD. - Photos : J.R. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) mercredi 7 novembre 2007
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