| Ecrit par Cécile Boutelet,
le 06-11-2007 23:00
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L'artiste coréenne Eun Sook Lee reconstruit le Mur face à la Brandeburger Tor jusqu'au 9 novembre. Mais c'est un mur en lumière, destiné à rassembler plutôt qu'à séparer. Son ambition? Attirer l'attention sur le sort de la Corée, un pays divisé depuis plus de 50 ans 11 mètres de lumière, à voir jusqu'au 9 novembre (Photo Marie Norre)
Le Vanished Berlin Wall de EunSook Lee est si léger qu'on pourrait croire qu'il va s'envoler au premier coup de vent. L'œuvre de l'artiste coréenne est en effet exclusivement composé de fibres plastiques : un mur de 11m de long, transparent et fluorescent. A l'intérieur du plastique, des centaines de néons entremêlés, éclairés eux-même par de la lumière noire. Face au versant ouest de la Brandeburger Tor, c'est peu de dire que le mur phosphorescent de EunSook Lee fait grande impression, projetant ses lumières gaies, orange, roses et vertes sur l'immense monument. Cette oeuvre, l'artiste l'a d'abord conçue comme un hommage à la réunification de l'Allemagne : elle a choisi la Porte de Brandeburg parce que le Mur de Berlin lui faisait front. Le 9 novembre, le jour où Berlin fêtera sa chute, EunSook Lee démontera l'installation lumineuse.
Un mur transparent, pour voir des deux côtés L'artiste explique qu'elle se sent comprise par les Allemands. Dans son pays, la Corée, le mur n'est toujours pas tombé. Depuis 1945, la Corée du Sud, à laquelle elle appartient, et la Corée du Nord, sont deux pays distincts. La séparation des familles, la dilution des racines communes, et les violences faites à ceux qui essayent de passer "de l'autre côté" sont autant de douleurs qu'elle veut mettre en lumière. Son mur, s'il célèbre la fin de la division allemande, est surtout un appel à ne pas en oublier une autre, celle que vivent ses compatriotes. Les couleurs étincelantes des néons veulent rendre visibles à tous les souffrances individuelles que cachent la division physique créée par un mur. D'ailleurs, dans l'habitacle en plastique, EunSook Lee a placé, sur des lambeaux de papier, les noms de 5.000 Coréens séparés de leur famille. Sur une face du mur, les noms des habitants de la Corée du Nord, sur l'autre ceux du Sud. Mais la transparence de la construction permet de les lire où que l'on soit. Comme la légèreté de la structure, cette transparence nous invite à espérer avec EunSook Lee qu'un mur ne peut résister ni au temps, ni à l'attention qu'on porte à ses victimes. Pour l'inauguration de son oeuvre, EunSook Lee avoue qu'elle a envoyé une invitation à l'ambassadeur de la Corée du Nord comme à celui de la Corée du Sud. Mais quelles que soient leurs réactions, le Mur lumineux est là pour appeler, depuis Berlin, les autorités coréennes à suivre l'exemple politique donné par l'Allemagne en 1990. Marie NORRE. (www.lepetitjournal.com - Berlin) mercredi 7 novembre 2007
Vanished Berlin Wall, d'EunSook Lee. Brandeburger Tor, jusqu'au 9 novembre.
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