| Ecrit par Marie Varnieu,
le 05-11-2007 23:00
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Si elle ne peut pas accueillir toute la misère du monde, la France restreint de plus en plus ses conditions d’accès aux immigrés. Des quotas ont été installés à l’envi pour les visas concernant notamment le travail  Pour contrer l'immigration familiale, Nicolas Sarkozy compte faire passer de 7 à 50% l'immigration économique (Photo AFP)
"Je t’aime moi non plus." Voilà comment, en une phrase, l’on pourrait résumer la situation qu’entretiennent la France et ses immigrés. Elle a besoin d’eux, eux ont besoin d’elle, mais aucun n’envisage l’avenir de la même façon. Depuis plusieurs années, la politique d’immigration de la France se durcit considérablement jusqu’à la création, en mai, d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale et le vote de la loi sur le contrôle de l’immigration. La France réclame le droit de choisir ses immigrés et d’expulser ceux dont elle ne veut plus. Elle ne subit plus, elle choisit. Le ministère de l’Economie vient d’ailleurs d’élaborer deux listes de métiers qui manquent de main d’œuvre. Trente nécessitent des diplômes supérieurs (informaticien, géomètre) et seront réservés aux ressortissants des pays non-membres de l’Union européenne. 152 autres professions sont rangées dans la catégorie "faiblement qualifiées", (bûcheron, laveur de vitres) ouvertes aux ressortissants nouvellement membres de l’UE. Ceux qui ne rentrent pas dans les cases ne seront pas accueillis les bras ouverts par la France. Dans la même lignée, une carte verte, sur le modèle de celle des Etats-Unis est à l’étude dans la communauté européenne. Elle permettrait à des étrangers triés sur le volet de venir travailler pour une période de deux ans renouvelables à condition que le salarié touche trois fois plus que le revenu minimum du pays, que certains "locaux" peinent déjà à atteindre…
Les bons et les mauvais immigrés La volonté de Nicolas Sarkozy de faire passer de 7 à 50% l’immigration économique, qui consiste à faire venir de la main d’œuvre qualifiée, fait craindre un pillage des cerveaux des pays en développement, qui ont sûrement plus besoin de leurs élites que la France. Le danger d’une telle immigration est de contrôler la durée du séjour qui serait calquée sur les besoins économiques du pays à un instant "T". L’immigré est accepté ou rejeté en fonction de son utilité économique. Cette maîtrise se concrétise déjà par la mise en place d’une loi autorisant la régularisation d’un sans papier à compter du moment où il travaille. Plus d’emploi, et c’est le retour au pays assuré. Le gouvernement réfléchit également à instaurer des quotas par région du monde. Une discrimination géographique qui instaurera un peu plus la hiérarchie entre les "bons" et les "mauvais" immigrés. Marie VARNIEU. (www.lepetitjournal.com) mardi 6 novembre 2007
Pour en savoir plus - Le Monde : Infographie sur L'immigration légale extra-européenne - Le Nouvel Obs : Immigration choisie : "On est en plein cirque !" - Libération : Statistiques raciales
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