| Ecrit par Herve HEYRAUD,
le 04-11-2007 23:01
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En instaurant l’état d’urgence samedi soir, le président pakistanais Pervez Musharraf a accru la tension dans un pays déjà très instable. Très contesté, il tente par cette mesure de s’accrocher au pouvoir. Mais le mécontentement, dans et hors du pays, grandit Pervez Musharraf s’est au moins offert quelques jours de sursis à la tête de l’Etat puisque la Cour suprême ne peut plus le destituer (photo AFP)
Pervez Musharraf n’avait déjà pas beaucoup d’alliés, voilà qu’il n’en a plus du tout. Sa décision d’instaurer l’état d’urgence au Pakistan a été unanimement désapprouvée, et même par les Etats-Unis, soutien généralement indéfectible du général-président. Condoleeza Rice a qualifié de “très regrettable” cette décision qui “va entraîner le Pakistan hors de la voie vers la démocratie et un régime civil”. L’état d‘urgence, qui implique notamment la suspension de la Constitution, une présence militaire accrue dans les rues et un contrôle des médias, est totalement justifié selon Musharraf. Il s’agit de contester la montée en puissance de l'insurrection islamiste et du terrorisme. "Je ne peux pas permettre à ce pays de se suicider", a-t-il affirmé en évoquant les attentats qui on fait 420 morts depuis juillet. Mais la véritable motivation de Musharraf est tout autre. En gelant le fonctionnement politique du pays, il empêche la Cour suprême d’invalider sa réélection contestée du mois dernier à la présidence. Le timing est parfait, puisque la Cour suprême devait justement rendre sa décision… aujourd’hui ! “Une loi martiale” selon Bhutto Musharraf, arrivé au pouvoir il y a un peu plus de huit ans à la suite d’un coup d’Etat, devait changer de statut dans les prochains mois et devenir un président civil, renonçant au statut de chef des armées. Des pourparlers avaient également été engagés pour que Benazir Bhutto, ex-Premier ministre revenue d’exil, dirige un futur gouvernement. Toutes ces évolutions sont désormais compromises. Benazir Bhutto, sortie indemne le mois dernier d’un attentat qui la visait et qui a fait 139 morts, ne croit pas à l’explication officielle donnée par Musharraf, même si elle reconnaît que le pays est "au bord de la déstabilisation". Elle prédit même que cette décision pourrait avoir des conséquences désastreuses et explique qu’ "il ne s'agit pas d'un état d'urgence, mais d'une loi martiale, et le peuple pakistanais va s'élever contre cela." Ce soulèvement populaire – et la répression qui l’accompagne – ne se sont pas fait attendre : 500 opposants à Musharraf ont été arrêtés depuis samedi soir. Joris SABI. (www.lepetitjournal.com) lundi 5 novembre 2007 En savoir plus Le Monde - Pervez Musharraf tente de museler les protestations au Pakistan La Tribune - Après l'état d'urgence, les Pakistanais inquiets pour l'avenir Cyberpresse - Levée de boucliers contre Musharraf
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