| Ecrit par Cécile Boutelet,
le 05-11-2007 23:00
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Le tout premier champion du monde de boxe-échecs est berlinois. Samedi soir à Berlin, Frank Stoldt a mis mat les poings de l'Américain David Depto, sous le regard des plus grands médias allemands. Entre violence maîtrisée et combat intellectuel exacerbé, la boxe-échecs est en passe de devenir un véritable phénomène international Le choc des titans (Photo http://site.wcbo.org/)
Les vainqueurs des combats préliminaires, les Berlinois Sascha Wandkowski et Sebastian Bauersfeld ont longuement discuté, samedi soir, à propos de ce qu’ils répondraient la prochaine fois qu’un journaliste leur poserait la question : "En boxe-échecs, qu'est-ce qui est le plus important, la boxe ou les échecs ?". Tard dans la nuit, ils en sont arrivés à la conclusion que les deux étaient aussi importants l’un que l’autre.
La boxe-échecs, ou chessboxing (Schachboxen en allemand), c'est l'alliance improbable de la boxe anglaise et des échecs. Le principe de chaque match : 11 rounds, 6 aux échecs, 5 à la boxe, qui alternent jusqu'à l'issue du combat, où l'un des joueurs est K.O, mat ou qu'il dépasse le temps limite aux échecs. Dans la pratique ? Sur le ring, un échiquier, les joueurs, isolés du bruit par un casque, tentent, pendant 4 minutes, d'avancer leurs pions, et de vaincre l'autre au mental, au cours d'une partie jouée en "blitz". Puis la cloche sonne, on retire l'échiquier du ring, les joueurs chaussent leurs gants et s'affrontent aux poings, pendant 3 minutes, jusqu'à la cloche qui annonce un nouveau round d'échecs, et ainsi de suite. Le gagnant peut être un bon boxeur, ou un bon joueur d'échecs, en tout cas un excellent stratège. Contraste édifiant, qui fascine et accroche instantanément. "On fait la guerre sur l’échiquier, on se bat sur le ring" Samedi soir, 800 spectateurs s'étaient rassemblés au Club Tape à Berlin, près de la gare centrale, et plus de caméras de télévision que lors du dernier marathon de Berlin. Sans compter les journalistes du Spiegel, de Focus ou encore des quotidiens Die Welt et Tagesspiegel. Dehors, on refuse du monde, tandis qu’à l’intérieur retentissent les hymnes nationaux allemand et américain. La boxe-échecs est désormais prise au sérieux. D’où vient cette fascination pour ce sport, qui prétend concilier l’inconciliable ? Pour Iepe Rubing, inventeur de la boxe-échecs, la réponse tient en ces mots : "On fait la guerre sur l’échiquier, on se bat sur le ring". Ce slogan clair et simple, qui sonne comme un stéréotype, tient d’un sentiment rare, pour les spectateurs qui allongent 15, 20 ou même 120 euros pour le show : l’imprévisibilité. David Depto contre Frank Stoldt, au round décisif (Photo. Depto)
Frank Stoldt, Berlinois champion du monde Car lorsque deux joueurs de boxe-échecs s’acharnent l’un contre l’autre, les surprises ne manquent pas, comme le montre le bilan de la soirée : un implacable échec et mat après trois rounds dans le premier combat. Puis une lutte pour les dernières secondes sur l’échiquier, une serviette ensanglantée jetée au sixième round lors d’un second match grandiose. Une fin anticipée, aux échecs, dans le septième round du grand match de la soirée. Le vaillant Américain David Depto commet une grave faute aux échecs, à 10 secondes de la fin du round, condamnant ses chances de victoire aux poings au round suivant. Frank Stoldt, matador local, sera finalement sacré premier champion du monde de boxe-échecs en poids mi-lourd à l’issue du combat.
Bénédiction de Lennox Lewis "Triste journée", s’est désolé Al, le père de Depto après le match, dans les vestiaires. "Génial ! Je veux absolument revenir !", s’est au contraire enthousiasmée Kim, l'amie de Depto, qui a accompagné le joueur américain dans son périple berlinois. "Je vous aime", a finalement lancé le rappeur américain Kurtis Blow, dans un micro chauffé à blanc par le show. Certes le niveau n’est pas encore olympique, mais la boxe-échecs semble devenue une discipline incontournable. Les Américains sont de la partie. Même l’ex-champion du monde de boxe, Lennox Lewis a donné sa bénédiction. Les Russes ont déjà signalisé leur intérêt. Pour ce sport né à Prenzlauer Berg il y a tout juste quatre ans, la fortune ne semble devoir craindre qu’un désintérêt soudain et global du public et des médias. Mais samedi soir, rien de tel ne pointait à l’horizon. Tim DAUGS. Traduction : Cécile BOUTELET. (www.lepetitjournal.com - Berlin) mardi 6 novembre 2007 Pour en savoir plus, lire notre article: INSOLITE – Berlin, patrie du chessboxing, paru dans LPJ Berlin du 27 juin 2007 Site de la world chess boxing organisation Site du Chess boxing club de Berlin, Gormannstrasse, 10 178 Berlin Mitte
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