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COOPERATION - Servet Martinez décoré de la légion d’honneur |
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mardi 06 novembre 2007 |
Lundi 29 octobre, le mathématicien Servet Martinez, Président de l’Académie chilienne des Sciences, recevait des mains de madame l’Ambassadeur de France, la légion d’honneur. Une décoration qui couronne un long travail de collaboration avec la France
La cérémonie, émouvante, avait lieu lundi dernier dans les jardins de l’Ambassade, en présence des proches de Servet Martinez, jusqu’à la toute dernière de ses petites filles, à peine âgée de quelques semaines. Très ému ce jour-là, celui qui incarne les trente ans de fructueuse coopération scientifique entre la France et le Chili nous a confié quelques jours plus tard ses impressions : "Pour moi, c’est un grand honneur de recevoir cette décoration si prestigieuse. Je ressens une émotion et une reconnaissance immense envers les personnes qui ont rendu cela possible et ma joie est à la mesure de l’affection immense que j’ai pour la France. Je pense qu ‘elle reconnaît là avec beaucoup de générosité mes actions en faveur de la coopération scientifique entre nos pays, en particulier pour les mathématiques où ma collaboration avec des chercheurs français est aussi ample que diverse, et que par moi, la France montre son grand intérêt pour le niveau et la profondeur atteint par la coopération scientifique".
Par Jussieu Il a été l’un des premiers, à la fin de ses études d’ingénieur en 1975, à obtenir une bourse de la coopération française, pour faire un doctorat à Paris VI-Jussieu, la Mecque des probabilités, sa spécialité. Servet Martinez a donc terminé son doctorat en 1980. Rentré au Chili, il a gardé des liens étroits avec les facultés françaises. "Entre 1983 et 1995, j’ai passé tous mes étés, janvier, février, en France. Autrement dit, je n’ai pas vu le soleil pendant des années", se souvient-il . Et à ceux pour qui les mathématiques semblent quelque chose d’abstrait, qui ne valent pas le sacrifice d’une seule journée de vacances, il explique modestement que les probabilités servent, par exemple, à comprendre des phénomènes physiques. Elles s’appliquent autant à l’économie (les marchés financiers) qu’à l'industrie minière (pour briser les roches efficacement) ou à la "prévision" des tremblements de terre. Au Chili, elles ont servi aussi à prévoir comment la maladie des pins "risquait" de se propager aux autres arbres. L’assurance, la banque sont d’autres grands domaines où l’on a besoin de calculer des "risques".
Coopération "La France a été, dans les années 80, parmi les rares pays à comprendre que le Chili était vivant, qu’il ne se résumait pas à son gouvernement, qu’il y avait des esprits libres et critiques en particulier dans la communauté mathématique et scientifique ", souligne-t-il. Aujourd’hui, la France n’en n’est plus à "aider" les scientifiques chiliens ; les relations sont égalitaires. Près de 300 chercheurs français viennent au Chili chaque année et presque autant de scientifiques chiliens partent en France. Servet Martinez a pris la direction scientifique du Centre de modélisation mathématique à sa création. Autre bel exemple de coopération, le centre a été créé par l’université du Chili, en partenariat avec le CNRS français. Il est en plus président de l’Académie des sciences du Chili. Sophie ROUCHON. (www.lepetitjournal.com - Santiago) mardi 6 novembre 2007 |