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C’est décidé, c’est le White Cube qui comblera le vide entre l’ancien Palast der Republik de la RDA déconstruit et la future réplique du Château de Berlin, jadis demeure des Hohenzollern. Entre passé honteux et nouvelle nostalgie prussienne, le White Cube doit être une éphémère galerie d'art contemporain. Tout un symbole… Le White Cube, cube futuriste sur une place symbolique(Photo. kunsthallberlin.com)
L'architecte viennois Adolf Krischanitz ne cache pas sa fierté : c'est son projet White Cube qui a été retenu pour succéder au Palast der Republik. Son installation cubique, en bois et plastique, accueillera une galerie d'art contemporain, dès l'été 2008. Un musée éphémère qui sera démonté en 2010, date du début de l'immense chantier qui s'annonce : celui du Château de Berlin.
Place des Polémiques La Schlossplatz est le lieu de toutes les polémiques depuis 1990. Cette année-là, le Palast der Republik, ancien siège de la Chambre du Peuple de la RDA, ferme ses portes pour cause d'amiante. Dès lors, les partisans de sa destruction, stigmatisant la laideur de l'architecture soviétique, s'opposent à ceux qui estiment que le bâtiment fait tout autant partie de l'histoire de Berlin que les autres édifices, certes plus gracieux, d'Unter den Linden. Les différentes options qui se présentent à la ville après la réunification se cristallisent sur le bâtiment-symbole de la RDA. Le château de Berlin, un projet controversé Après plus de dix ans de débat, le Bundestag a finalement suivi à la lettre les conclusions de la commission d'experts internationaux : il s'est prononcé en faveur du projet "Humboldt Forum" qui prévoit la construction de trois des quatre façades de l'ancien Château du royaume de Prusse et de la République de Weimar. Le Stadtschloss, détruit pendant la Seconde guerre mondiale, avait laissé la place au Palast der Republik. La reconstruction est loin de faire l'unanimité : l'architecte Daniel Libeskind, à qui l'on doit le Musée Juif, s'est insurgé contre le "château de carte postale" que Berlin s'apprête à reconstruire. Pour lui, comme pour l'Académie des Arts qui s'élève contre le projet, il est absurde de prétendre ressusciter une période de l'histoire, celle du royaume prussien et de la République de Weimar, pour en effacer une autre, plus récente. Mais la reconstruction reçoit l'appui des investisseurs qui comptent bien faire de la Schlossplatz un passage obligé pour les touristes. White Cube, le véritable palais de Berlin ? Le secteur du tourisme s'est dores et déjà déclaré ravi du choix du White Cube, sûr que ce projet original est une bonne publicité pour Berlin. Le musée, temporaire, va contribuer à asseoir la réputation internationale de Berlin en matière d'art contemporain. D'autres voix font remarquer que depuis 15 ans, la capitale berlinoise s'est imposée comme un lieu important de la création contemporaine, sans que les artistes disposent pour autant d'une véritable structure officielle d'exposition. La Schlossplatz, appelée à devenir un nouvel endroit phare, a mis Berlin à l'heure des choix. La ville aux mille facettes doit choisir laquelle refléter. Berlin avait-elle intérêt à faire miroiter l'époque du royaume de Prusse, ou à mettre en avant la vitalité de sa création artistique? L'ébullition culturelle, le mouvement, l'innovation, propres au Berlin d'aujourd'hui ne mériteraient-ils pas un château au même titre qu'un âge d'or révolu? Avec son projet, l'architecte du White Cube déclare vouloir "inspirer la ville". Après 2010, quand les travaux du Château auront commencé, ce sera une nouvelle fois aux artistes de prouver que Berlin est résolument tournée vers l'avenir. Marie NORRE (www.lepetitjournal.com - Berlin) lundi 5 novembre 2007 |