| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 31-10-2007 23:00
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La France reste derrière ses 9 ressortissants arrêtés au Tchad dans le cadre de l’évacuation ratée de 103 enfants, qui avait été organisée par l’ONG l’Arche de Zoé. Qu’ils soient jugés à Paris ou à N’Djamena, les autorités se concentrent pour l’heure sur le sort de 3 journalistes eux aussi écroués Accablés depuis le début de la semaine par leur gouvernement, les 9 ressortissants français arrêtés au Tchad après avoir tenté d’évacuer 103 enfants pour l’ONG l’Arche de Zoé ne sont pas totalement abandonnés. Il s’agit toujours pour la diplomatie française de ne pas heurter la justice tchadienne, mais hier l’Elysée a déclaré que les 6 bénévoles et les 3 journalistes qui ont couvert l’opération, maintenant inculpés pour enlèvement de mineurs, escroquerie et complicité, pourraient être jugés en France. "Il y a eu des infractions commises au Tchad, il y a eu aussi des infractions commises en France. On peut imaginer qu'un dialogue s'institue entre les deux justices pour déterminer quelle est la justice qui finalement traite leur cas", a souligné Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée. Les autorités françaises s’appuient sur des accords bilatéraux judiciaires, signés entre la France et le Tchad le 6 mars 1976, et qui rendent possible l'extradition de personnes "poursuivies ou condamnées par les autorités judiciaires de l'autre État". Une information judiciaire contre X a été ouverte la semaine dernière par le parquet de Paris, les membres de l’ONG arrêtés risquant d’être poursuivis pour leur participation illégale dans un processus d’adoption. Chacun son tour La priorité de la France pour l’instant est de rapatrier les 3 journalistes qui n’ont eu aucune différence de traitement par rapport aux 6 participants à l’opération ratée. Et ce, malgré leur statut professionnel. Marc Garmirian enquête sur les activités de l’Arche de Zoé pour l’agence audiovisuelle Capa. Jean-Daniel Guillou est photographe pour le collectif Synchro-X. Il connaît l’ONG depuis sa création pour venir en aide aux victimes du Tsunami en Asie en 2004. Des collectifs de soutien sont entrés en action. Reporters sans Frontières et l’agence Capa ont parlé d’une seule voix pour prouver l’indépendance des deux hommes aux autorités tchadiennes. Le cas de la troisième journaliste est plus ambigu. Marie-Agnès Peleran, journaliste à France 3, était munie d’une caméra que lui avait prêtée son patron pour filmer l’opération. Mais elle est avant tout en congé humanitaire, étant membre de l’Arche de Zoé, ainsi que "famille d’accueil" pour l’un des enfants que l’association souhaitait emmener. Leur situation, ainsi que celles des 6 membres de l’ONG, peut encore évoluer s’ils sont transférés d’Abéché - où ils se trouvent pour l'heure - à la capitale N’Djamena. Un nouveau juge d’instruction serait alors nommé, qui pourrait revoir les inculpations et dissocier le cas des journalistes de celui des bénévoles. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) jeudi 1er novembre 2007 En savoir plus LPJ – Arche de Zoé : de l’humanitaire à la crise diplomatique Le JDD – Des journalistes pris dans l’Arche LCI – Sarkozy plaidera-t-il pour un jugement en France ?
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