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A l’occasion de la traduction en espagnol du deuxième tome de son roman Chroniques de l’asphalte, Samuel Benchetrit était de passage à Barcelone la semaine dernière. Lumière sur ces 2 chroniques écrites et les 3 à venir qui se veulent avant tout un "autre" regard sur la banlieue. Entre autobiographie et fiction, Samuel Benchetrit laisse le lecteur faire son choix Samuel Benchetrit la semaine dernière à Barcelone (Photo LPJ)
Quelle la meilleure critique que vous ayez reçue sur votre roman Chroniques de l’asphalte ? "Un autre regard sur la banlieue". Les médias et politiciens se sont emparés de la banlieue pour faire peur au gens. Ils leur ont donné une image catastrophique. Dans Chroniques de l’asphalte, j’ai voulu mettre la banlieue au premier plan, donner un autre point de vue de ces quartiers populaires. Raconter qu’il y a de l’humour partout, même s’il y a des problèmes.. La banlieue, c’est comme un village, où les enfants vivent chaque jours plusieurs histoires. Le but n’est pas de faire passer un message mais d’apporter des questions en vue de trouver des solutions. Quelle est la part de fiction et d’autobiographie ? C’est le lecteur qui décide, il a le choix de savoir ce qui est vrai ou non. De mon côté, je reste honnête par rapport aux émotions. Je rends compte des sentiments et des souvenirs. Pourquoi avoir choisi de l'écrire en cinq tomes ? C’est juste une question d’édition. A la base, je voulais faire un projet important et étendu sur la banlieue. Alors les éditeurs ont décidé de décliner Chroniques de l’Asphalte en cinq tomes avec toujours la notion de la banlieue en arrière plan...Par exemple, le tome 1 parle d’une enfance tendre dans dans un environnement dur...dans du béton ; le 2, qui vient de sortir il y a quelques mois en France, est moins aimable et très cru comme un adolescent. Vous êtes acteur, scénariste, écrivain, quelle est la casquette que vous préférez ? Tout est question d’énergie. Faire un film par exemple, c’est très difficile. C’est très epuisant. Beaucoup de monde, d’argent….Je n'ai qu’une envie ensuite, c’est de retrouver une intimité et de me remettre à écrire un livre. Car un livre, c’est plus précieux et plus personnel... Le théâtre c’est autre chose. C’est la scène pour un chanteur de cinéma. C’est à mi-chemin entre le cinéma et l’écriture. Si vous deviez faire un mix de tous vos talents… Ce serait de porter Chroniques de l’asphalte au cinéma ? On me l’a souvent proposé mais je me suis gardé les droits pour l’instant. Car le ton des Chroniques de l’asphalte n’est pas très facile à interpréter au cinéma. Fellini a su très bien le faire en tout cas. Mais c’est un projet.. peut être un jour. J’aimerais vraiment faire un film sur la banlieue. Pour le moment, je viens de terminer un film qui sortira en mars : J’ai toujours rêvé d’être un gangster. Le troisième tome est deja entamé ? Non, je ne fais rien d’avance, pour ne pas laisser les autres écrits de côté. J’aime bien finir avant de commencer autre chose. Quant au troisième tome, il ne portera pas forcément sur mes trente premières années comme il l’a été souvent dit .Ce n’est pas parce-que les deux premiers tomes ont porté sur une période assez longue que ce sera le cas pour le troisième. Il peut s’agir d’un roman sur un mois.. six mois.. Faites-vous la promotion de Chroniques de l’asphalte dans d’autres pays ? Je n’aime pas trop faire la promo de ce que je fais. C’est étrange… mais parler en public c’est la chose dans laquelle je ne me reconnais vraiment pas. C’est le seul moment qui n’appartient pas à mon métier.
Propos recueillis par Rebecca FOURE et Gaelle STEVANT LE FRANC (le petitjournal.com) vendredi 2 novembre 2007 -article paru aussi dans Barcelone le 29 octobre 2007 Lire aussi dans nos archives la critique du premier tome - Samuel Benchetrit et le temps des tours |