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ESSAOUIRA - Les bonnes initiatives et …les moins bonnes Version imprimable Suggérer par mail
mercredi 31 octobre 2007
L'ancienne ville des hippies, chère au conseiller du Roi André Azoulay, est devenue familiale, sportive, culturelle et artistique. Mais elle est aussi menacée par un développement incontrôlé. Reportage


Des quartiers qui restent à aménager... (photos LPJ).

Essaouira n’est plus seulement la cité des hippies. Elle accueille désormais les familles, les amoureux, les retraités, les bobo, les artistes amateurs, les accros des sports nautiques qui, en provenance d’autres villes marocaines devenues trop agitées, viennent s’y ressourcer.
Mais aujourd’hui, beaucoup viennent aussi à Essaouira pour son foisonnement culturel : galerie d’art à ciel ouvert, Essaouira est également le site de multiples initiatives culturelles remarquables nées du dynamisme et de la passion de quelques uns, au sein d’associations comme Essaouira-Mogador, qui ont compris que la culture était un vecteur privilégié de développement. La renommée du Festival Gnaoua Musiques du Monde, a largement dépassé les frontières du Royaume. Un autre événement, le Festival des Andalousies Atlantiques commence aussi à acquérir ses lettres de noblesse ; sa quatrième édition commence aujourd’hui.
Malheureusement, comme toutes les médailles, le succès d’Essaouira a son revers. Il aiguise de nombreux appétits mercantiles, bien peu conscients du risque qu’ils lui font encourir en lui faisant perdre son authenticité.

Entre authenticité et développement incontrôlé
Depuis quelques années, grâce à la volonté et au dynamisme de quelques Souiris, au premier rang desquels figure André Azoulay, l’un des plus célèbres enfants du pays, devenu Conseiller des Rois Hassan II et Mohamed VI, Essaouira est devenue une destination branchée à l’avenir prometteur.
Mais avec un Plan Azur qui annonce l’arrivée massive de touristes et justifie la multiplication de constructions nouvelles sur un front de mer très prisé, n’est-on pas en droit de s’inquiéter pour celle qui est répertoriée depuis 2001 par l’UNESCO au Patrimoine mondial de l’Humanité ?
Etait-il par exemple indispensable de détruire les dunes pour prolonger une promenade sur plusieurs centaines de mètres, par ailleurs construite à partir de magnifiques pavés et dotée de très beaux lampadaires, quand de nombreux quartiers de la ville nouvelle ont des allures de tranchées ? La Nature n’a pas accepté cette blessure et depuis, le sable et les ordures, jusqu’alors retenus par les dunes, déferlent régulièrement dans les rues. L’UNESCO ne soulignait-il pas justement dans l’une de ses études que «la protection de l'écosystème d'Essaouira et de ses alentours constitue une condition essentielle de sa propre survie» ?

Les Quads envahissent ce magnifique espace
La plage semble être l’une des premières victimes de mauvaises pratiques motivées par un gain facile ; il n’était déjà pas évident de s’y promener tranquillement sans se faire harceler par les gardiens de chevaux et d’une trentaine de dromadaires (dont on sait d’ailleurs qu’ils apprécient modérément l’humidité !), proposant des balades à des prix….dignes de Marrakech, et d’éviter les nombreuses déjections de leurs animaux. Désormais ce sont les Quads qui envahissent ce magnifique espace... Comme d’autres villes du Maroc, les habitants de la Perle bleue de l’Atlantique ont le droit de bénéficier de la modernité, du progrès et du développement que génère le tourisme. Mais les exemples ne manquent pas pour illustrer les catastrophes sociales et environnementales dues à un développement incontrôlé, voire anarchique de certains sites.
Essaouira est un écrin qui recèle des trésors rares, voire uniques : l’argan, le thuya, une réserve ornithologique, un savoir faire artisanal et artistique, des valeurs de tolérance, une hospitalité et un mode de vie intactes, un patrimoine architectural exceptionnel, etc.
S’ils veulent en jouir encore pendant longtemps, les décideurs locaux et nationaux n’ont donc pas d’autre choix que de préserver son identité et maintenir son équilibre humain et écologique.
Elodie MARTELLIERE. (www.lepetitjournal.com - Marrakech) jeudi 1er novembre 2007

Festival des Andalousies Atlantiques : le rendez-vous de la tolérance et du métissage autour du patrimoine musical judéo arabe (1er-3 novembre)
La 4ème édition du Festival des Andalousies Atlantiques, a choisi de nous faire revisiter l’immense patrimoine musical et artistique écrit et tissé en commun, au fil des siècles, par les musiciens et poètes, Musulmans et Juifs.
Qu’elle soit perçue comme une rencontre culturelle ou un événement militant appelant à un Monde pluriel et tolérant, les Andalousies Atlantiques sont avant tout une fête qui accueillent des artistes internationaux de renom. L’étoile du piano au Maghreb, l’Oranais Maurice El Medioni, Haïm Louk et l’orchestre Mohamed Larbi Temsamani de Tétouan, Hayat Boukhriss et l’orchestre de musique de Meknès, l’Andalou El Lebrijano, Samira Kadiri et son ensemble Arabesque, la flamenca Estrella Morrente, le maître du Chaâbi Mohamed Ben Omar Ziani seront présents.
Par delà cette programmation musicale exceptionnelle, reflet d’une Méditerranée riche de ses cultures et de ses spiritualités, ce Festival, dirigé par l’universitaire Mohammed Ennaji, est une occasion pour ses visiteurs de participer à l’exploration de cet héritage commun à travers des expositions et des projections, mais surtout un Forum ouvert sur le thème «Le patrimoine judéo arabe au Maghreb : mémoire reconquise, nostalgie ou promesses pour d’autres lendemains», auquel participent de nombreux artistes et intellectuels.
«Mieux appréhender notre présent tout en construisant un avenir plus solidaire, au-delà des différences et des distances géographiques», telle est l’ambition des organisateurs, la Fondation Alizés et la Fondation des Trois Cultures, soutenus par le Gouvernement autonome d’Andalousie et sous les auspices de la jeune Fondation pour les Arts, le Patrimoine et la Culture d’Essaouira. 
Moment rare ce week-end à Essaouira : des Juifs, des Musulmans, des Chrétiens joueront, applaudiront, discuteront ensemble et les violons joueront contre l’exclusion.
E.M. (www.lepetitjournal.com - Marrakech) jeudi 1er novembre 2007

 
 
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