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Les mythiques cigarettes Gauloises et Gitanes seront désormais fabriquées à Alicante. Avec cette délocalisation, la société franco-espagnole Altadis cherche à déplacer son activité près des consommateurs et à gagner des marchés émergents
L'usine lilloise, qui produisait 12 milliards de Gauloises et Gitanes par an, s'installe à Alicante en Espagne "Au plus proche des consommateurs". (Photo : AFP) Estampillées du casque de Vercingétorix ou de la célèbre danseuse de Flamenco Nana de Herrera, les Gauloises et les Gitanes seront désormais fabriquées en Espagne à Alicante. Accessoires fétiches de Sartre, Camus ou Gainsbourg, les clopes mythiques quittent donc les rouleuses de Lille, suite au bouclage d’un plan social lancé il y a près de trois ans par Altadis. La France ne conservera que la fabrication des cigares et des Gauloises blondes, fabriquées depuis 1984.
Né en 1999 de la fusion de l’Espagnole Tabacalera et de la Française Seita, le groupe Altadis n’a jamais cessé de réorganiser son outil de production et a donc décidé de ne garder qu’une seule usine de brunes, celle d’Alicante.
Deux fois plus de brunes en Espagne
Selon Altadis, en 2004, sur 55 milliards de cigarettes vendues en France, seulement 6,28 milliards étaient brunes, ce qui représente une baisse de 28% par rapport à 2003. Toujours selon le directeur d’Altadis-Lille, Laurent Chabanne, les Espagnols achèteront en 2006 deux fois plus de brunes que les Français, d’où la volonté du groupe de se rapprocher des consommateurs.
Néanmoins le durcissement de la législation sur la consommation de tabac et la hausse constante du prix des cigarettes risquent d’affecter le marché de l’Europe de l’Ouest. La stratégie du groupe est donc de trouver des relais de croissance dans les pays en voie de développement où la vente de brunes continue de progresser comme le Maroc, la Russie ou la Pologne.
En France, cette délocalisation est ressentie comme une trahison car l’arrêt de la production de Lille coïncide avec l’annonce par la société de résultats plutôt encourageants et conformes aux attentes : une hausse au premier semestre de 2,9% du chiffre d'affaires et un bénéfice net de 255,3 millions d’euros.
Sylvie FORDER. (LPJ) 6 septembre 2005 |