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Persépolis, Prix du Jury à Cannes en mai dernier, sort aujourd’hui dans les salles espagnoles. Réussite artistique totale pour cette adaptation de la bande dessinée du même nom, portée par les voix de Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve et Danielle Darrieux Persépolis, Prix du Jury au Festival de Cannes 2007 (Photo DR)
1978, Téhéran s’embrase, le régime du Shah vacille. Marjane a huit ans et se rêve prophète en son pays. À travers ses yeux d’enfant impertinents, Persépolis montre dans une effusion d’images, la désillusion suscitée par une révolution pervertie, la montée de l’extrémisme religieux et la guerre insensée contre le voisin irakien. Pour la protéger, les parents de Marji l’envoient étudier en Autriche. Là, elle découvre la solitude et les désenchantements des premières amours, puis la perte identitaire qui la conduisent à retourner en Iran, jusqu’à un nouveau départ. Porté à l’écran, ce chant de l’exil est touché par la grâce. À la fois intimiste et universel, politique et philosophique, le récit autobiographique de Marjane Satrapi fait tomber le voile d’une génération iranienne brisée par l’autorité morale des Gardiens de la Révolution. Une vérité qui dérange Réalisé par Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi, Persépolis est l’adaptation fidèle et stylisée de la bande dessinée autobiographique de la jeune femme, arrivée en France en 1994. Tous deux ont su tirer profit du passage à l’animation. Montage en cascade, envolées oniriques, musiques et voix off sublimées par celle de Chiara Mastroianni, se révèlent parfaitement efficaces. Les zestes d’ironie et d’autodérision qui suivent le cheminement intérieur du personnage forcent l’empathie. Persépolis pointe du doigt la bêtise humaine, qu’elle se drape d’un uniforme, qu’elle se réfugie dans les cadres bornés du dogme ou dans l’insuffisance du cynisme. L’auteur signe un magnifique hommage à la force de vie et à la démocratie, réglant ses comptes avec une vérité officielle. Pas étonnant que cette œuvre magistrale dérange le pouvoir en place à Téhéran. Arnaud BOULARAND. (www.lepetitjournal.com Madrid) mercredi 31 octobre 2007
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