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LIVRE- "Chicago", les parcours accidentés d'Egyptiens émigrés |
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mercredi 31 octobre 2007 |
Lors d'une conférence au Centre culturel français, Alaa el Aswany a présenté son dernier roman, Chicago, aux côtés de son traducteur, Gilles Gauthier
Après avoir suivi le parcours entrecroisé de plusieurs habitants d’un même immeuble du Caire avec l’Immeuble Yacoubian - tiré à plus de 160 000 exemplaires et traduit en dix-neuf langues - l’écrivain Al-Aswany entraîne à présent ses lecteurs à... Chicago, la ville des Etats-Unis où il a décroché un diplôme d'odontologie. Ses personnages sont pour la plupart des expatriés, complétant leurs études dans la capitale de l'Illinois ou s'y étant établis définitivement. Paru en janvier en arabe, l’auteur nous en livre à présent une traduction en français aux éditions Actes Sud. C’est accompagné de son traducteur, Gilles Gauthier, ancien consul de France à Alexandrie devenu ambassadeur au Yémen, et lui-même écrivain, que l’auteur présentait à la "Little France" du Caire mercredi au Centre Français de Culture et de Coopération (Quartier Mounira) une "Little Egypt" en exil, en plein cœur d’une Amérique traumatisée par les évènements du 11-Septembre 2001.
Qu’est-ce qu’un "bon" roman ? L’engouement massif qu’ont suscité l’Immeuble Yacoubian et Chicago a amené nos deux conférenciers d’un soir à en interroger les raisons : s’agit-il d’un succès dû aux évocations sulfureuses qu’il contient (de la sexualité féminine pour Chicago, notamment) et aux scandales qu’il provoque ? Pour Gilles Gauthier, loin de s’inscrire dans une écriture du scandale qui ne suffit pas à expliquer le succès du premier roman en France et ailleurs, "l’auteur répond, par le roman, à une double attente" : celle, pour les Occidentaux, de comprendre leurs voisins du Sud ; celle, pour les Egyptiens, de prendre conscience de ce qui muselle la société égyptienne.
Soigner une société malade de ses tabous et de la corruption… C’est ce à quoi s’atèle efficacement le chirurgien-dentiste Alaa. Dans Chicago, publié d’abord en feuilleton dans le quotidien Ad-Destour, l’auteur mêle les existences du professeur Raafat Sabet, qui a renié sa culture et s’identifie sans cesse à l’american way of life : "C’était l’image qu’il aimait de lui-même, celle d’un Américain sur toute la ligne, net, sans mélange et sans tâche" ; du chirurgien copte Karam Doss, blessé par la discrimination religieuse dont il a été victime en Egypte ; au docteur Mohamed Saleh, rattrapé par un passé de fuyard qui le ronge ; ou encore de Cheïma de Tanta arrivée voilée à Chicago, "sans préparation ni préambule, comme quelqu'un qui se jette à la mer tout habillé et qui ne sait pas nager".
Une stratégie narrative originale Mais toute la richesse du roman semble résider dans le point de vue adopté : l’Egypte vue et analysée par le prisme de l’Amérique et vice versa. Ainsi, le roman met en parallèle deux formes d’oppression du monde contemporain : l’écrasante "machine" américaine - terme anglais désignant le darwinisme social aux Etats-Unis - et une autre, plus palpable, entreprise par les gouvernements en place. La frontière est dès lors mince entre littérature et combat politique et, si l’auteur voit en ses personnages "des créatures qui, à un moment donné, deviennent parfaitement indépendantes", ces derniers restent toutefois attachés à celui qui leur a donné naissance, comme lorsque l'un des personnages affirme : "L'extrémisme religieux est le résultat direct de la répression politique." Hanifa TOUAG. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) mercredi 31 octobre 2007
Chicago d'Alaa el Asswani est paru aux éditions Actes Sud.
Ce roman est disponible
A la libraire Oum El Dounia, 3, rue Talaat Harb, centre-ville. oumeldouniacairo@yahoo.fr
Dans les Librairies Renaissance:
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A Héliopolis 42 rue Asmaa Fahmy
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