| Ecrit par CASABLANCA,
le 31-10-2007 01:00
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La récente visite du Président Sarkozy au Maroc aura été "un succès complet pour les deux parties" résume Jawad Kerdoudi. Le consultant-économiste, président de l'Institut Marocain des Relations Internationales (IMRI) donne ici son analyse sur les nouvelles relations franco-marocaines et les dossiers qui les préoccupent
Sahara Occidental : la France est "aux cotés du Maroc" affirme le Président Sarkozy (Photo AFP) La visite du Président Sarkozy au Maroc a été un grand succès. Elle a permis de resserrer davantage les relations politiques et économiques entre le Maroc et la France. Le Maroc a obtenu un satisfecit politique du Président français, qui a loué "la vigueur démocratique du Royaume", qu’il a qualifié de "pluriel, tolérant, ouvert à la compétition internationale". Il a mis en exergue les réformes entreprises sous la règne du Roi Mohamed VI : Code de la famille, IER, IRCAM, élections législatives transparentes et désignation du Premier ministre dans le parti majoritaire. Il a qualifié l’Islam au Maroc de paisible, conciliant et ouvert. De son côté, le Souverain a marqué l’attachement du Maroc à la France, en signalant "la qualité exceptionnelle" des relations entre les deux pays, et "les liens séculaires profonds et multiples" qui unissent les deux nations.
Economie : un nouvel état d'esprit Sur le plan économique, les résultats ont été très satisfaisants. Il faut noter le changement d’esprit quant aux relations économiques franco-marocaines. Le Président Sarkozy a déclaré aux hommes d’affaires français : "Nous n’avons aucun droit acquis au Maroc. Le Maroc est un pays libre et souverain, les hommes d’affaires doivent venir ici en combattants, et prouver qu’ils sont les meilleurs". Le Président français était accompagné d’une centaine d’hommes d’affaires français. Les pourparlers ont abouti à la conclusion de contrats et de protocoles d’accords portant sur un montant de trois milliards d’euros. On peut citer en premier lieu le TGV Tanger-Casablanca qui sera opérationnel en 2013, et qui réduira la durée du trajet de cinq heures à deux heures. D’autres accords ont été signés pour l’extraction d’uranium à partir des phosphates, l’achat de locomotives, les travaux d’assainissement, l’étude d’une centrale nucléaire pour la production d’électricité. Sans oublier les achats d’armements : une frégate polyvalente, un système de surveillance des frontières, la modernisation d’hélicoptères et de véhicules blindés des FAR. Sur le problème des avions de chasse Rafale qui n’ont pas été achetés par le Maroc, le Président français a déclaré que "les Américains étaient meilleurs, et que la France porte la totale responsabilité de cet échec". De son côté, le Maroc a obtenu la confirmation de l’aide au développement octroyé par la France au Maroc d’un montant de 200 millions d’euros par an, ainsi qu’un don de 8 millions d’euros en faveur de l’INDH.
Sahara Occidental : l'appui de la France L’appui de la France à la cause marocaine au Sahara Occidental est très important alors que de nouvelles négociations, sous l’égide de l’ONU, vont avoir lieu entre le Maroc et le Polisario dans les prochains jours. Le Président Sarkozy a indiqué que la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, était "aux côtés du Maroc", et qu’il souhaitait que le plan d’autonomie proposé par le Royaume, serve de base de négociation pour la recherche d’un règlement raisonnable.
Union Méditerranéenne : le Maroc partenaire essentiel A Tanger, le Président français a prononcé un important discours sur l’Union méditerranéenne. Il devait déclarer que cette vaste initiative, qui doit regrouper tous les pays riverains de la Méditerranée, n’est pas seulement diplomatique et stratégique, mais elle est aussi culturelle et civilisationnelle. Basée sur "l’union de projets", elle devrait englober l’opérationnel : développement durable, énergie, transferts, eau, mais aussi tenir compte des priorités de la région : culture, éducation, santé, capital humain, lutte contre les inégalités, attachement à la justice. Plaçant le Maroc comme un partenaire essentiel de l’Union méditerranéenne, le Président Sarkozy a annoncé la tenue en France d’un Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement des pays riverains de la Méditerranée en juin 2008. Le Maroc a manifesté son appui au projet. Le Roi Mohamed VI a déclaré : "Nous sommes déterminés à explorer avec vous toutes les opportunités visant à promouvoir une approche inédite et progressive du partenariat ainsi envisagé". On ne peut souhaiter que son succès. Mais il ne faut pas négliger les difficultés de sa réalisation. Tant les problèmes politiques du Proche-orient sont nombreux et dramatiques. Jawad KERDOUDI. Consultant Economiste, Président de l’Institut Marocain des Relations Internationales (www.lepetitjournal.com - Casablanca) mercredi 31 novembre 2007
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