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POLITIQUE - Élections étudiantes sans étudiant |
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mardi 30 octobre 2007 |
Les élections qui ont été organisées aux universités gouvernementales la semaine dernière remettent en question l’avenir du mouvement estudiantin en Egypte
(Photo LPJ)
Quelques dizaines d'étudiants qui manifestent, des centaines de soldats qui les surveillent : voilà à quoi ressemblait l’esplanade extérieure de l’université du Caire le jour des élections d’union des étudiants. Mais l’ambiance était tout à fait différente dans le campus, avec des cafétérias pleines de couples amoureux et d'étudiants qui bavardent et plaisantent. Ces deux scènes contradictoires se répètent chaque année dans toutes les universités égyptiennes. L'apathie de la plupart des étudiants envers les élections n’est pas un nouveau phénomène. Depuis 1979, la vie estudiantine est soumise à une réglementation draconienne qui interdit toute activité sur des bases politiques. Cette nouvelle réglementation a été adoptée pour faire face à un mouvement étudiant très puissant et qui ne ratait aucune occasion pour défier le régime de Sadate. En 1995, c'est un autre coup dur pour les étudiants : les universités, sous l’incitation de la Sécurité, écartent systématiquement tous les étudiants actifs des listes électorales. L’objectif était de garantir des unions conformistes et anodines. Désormais, toutes les forces populaires sont exclues et le quorum nécessaire pour l’élection n'est souvent meme pas atteint. Ainsi, les membres des unions sont nommés par l’administration. “Les élections ne sont qu’une mise en scène et nous ne pouvons rien changer. Pourquoi dois-je m’y intéresser?”, se demande Mohammed Tarik, étudiant à la faculté du Commerce à l’université du Caire.
Les étudiants entre deux feux Pourtant, les étudiants politisés, dont figurent en tête les Frères musulmans, refusent toujours de capituler. Face aux interventions flagrantes de l’administation, ils ont décidé en 2005 d’organiser des élections parallèles pour parvenir à des “unions libres” qui reprèsentent vraiment les éudiants. Une initiative qui a changé les règles du jeu et qui pourrait faire sortir le mouvement étudiant du cercle vicieux actuel, selon Islam, étudiant frère musulman. Entre union désignée par le pouvoir et union libre, les étudiants se perdent. Ils se sentent negligés par les deux parties en conflit. “Chacun prêche pour sa paroisse, et aucun des deux parties ne veille aux intérêt des étudiants. Elles essaient toutes les deux de se servir de nous pour des fins politiques”, déplore Nour El-Dine, étudiant à l’université Helwan. La violence pratiquée par la Sécurité ainsi que par les étudiants pendant les élections rend la situation encore plus compliquée. La répression brutale des manifestations ne choque plus personne. Mais ce qui est vraiment dramatique, c’est la violence mutuelle entre étudiants comme ce fut le cas à l’université Ain Shams cette année. L’an dernier, un cap a été franchi quand les étudiants frères musulmans ont organisé une parade semi-militaire à l’université Al-Azhar pour s’opposer à la politique de l’université à leur égard. “Si le régime ne s’ouvre pas aux demandes légitimes des étudiants, le pire arrivera plus vite que l’on ne croit”, prévoit Sayed Abou El-Illa de l’association Sawasiya des droits de l’Homme. Moaaz Mahmoud. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) mardi 30 octobre 2007 |