|
Chef de la mission économique depuis un an, Jean-Marie Metzger souhaite développer la présence française dans toute la Péninsule. Il précise le rôle de la mission économique, les atouts des entreprises françaises ainsi que les difficultés qu’elles connaissent. Rencontre En tant que chef de la Mission économique en Italie, pouvez-vous nous expliquer ses principales fonctions ? La mission économique en Italie est présente à Rome et à Milan. A Rome, nous traitons plutôt les problèmes macro-économiques et à Milan les questions micro-économiques. Concrètement, Rome se charge se faire remonter les informations en terme de politique économique et communautaire au gouvernement français et assure le lien avec les autorités italiennes. A Milan, on s’occupe plus de l’accompagnement des entreprises dans leurs démarches commerciales sur l’ensemble de l’Italie. La Mission économique de Milan est chargée de développer le nombre d’entreprises françaises présentes en Italie. Elle travaille avec les Conseillers du commerce extérieur, la Chambre de commerce franco-italienne et pour le compte d’Ubifrance.
Jean-Marie Metzger, Chef de la Mission économique
Pour ouvrir le marché italien aux entreprises françaises, quels sont les outils mis à leur disposition? L’Italie est le deuxième partenaire économique de la France. Il existe donc une forte demande de la part des entreprises françaises. Pour rentrer sur le marché italien, elles doivent comprendre le panorama juridique. Nous sommes là pour leur donner des conseils sur les secteurs d’activité. Nous leur proposons des prestations personnalisées (missions de prospections, études sur un segment spécifique) et avons une grosse activité éditoriale avec la publication de guides généraux ou sectoriels édités par Ubifrance. Nous effectuons un gros travail de mise en relation en organisant notamment des journées acheteur "Vendre à". Nous définissons avec un acheteur italien les besoins qu’il pourrait avoir. Ensuite, nous effectuons un appel à candidature pour sélectionner les entreprises qui pourront se présenter lors de la journée "Vendre à" à l’acheteur potentiel. Nous organisons par ailleurs des @péritivo : fondé sur un concept milanais. Il s’agit de permettre à une entreprise d’inviter ses clients et en même temps de se faire connaître auprès d’autres interlocuteurs, économiques et institutionnels. Pour augmenter les collaborations entre entreprises françaises et italiennes, le forum franco-italien des affaires se tient une fois par an à Milan. De plus, à travers les réunions Cap Export, 6 à 8 fois par an, nous favorisons les synergies entre les divers acteurs publics et para-publics de développement du commerce extérieur (CCEF, Chambre de commerce, Sopexa, Maison de la France, Promosalons, Régions françaises,…). Nous avons également signé, en présence de la Ministre Christine Lagarde, un accord avec la chambre de commerce et d’industrie française en Italie le 19 février 2007 pour approfondir notre association. La mission économique intervient auprès des entreprises en amont et la chambre de commerce en aval pour donner, par exemple, une domiciliation fiscale, monter un dossier de TVA ou recruter du personnel.
Quels sont les aspects les plus difficiles à cerner pour une entreprise française qui souhaite s’installer en Italie ? J’en vois deux : les difficultés bureaucratiques et la spécificité de chaque région. Les entreprises françaises doivent apprendre à gérer et digérer la bureaucratie italienne. Par ailleurs, la nécessité de vouloir comprendre les Italiens est essentielle. L’Italie est une juxtaposition de petits pays. Il faut une bonne dose d’humilité et une réelle volonté de s’intégrer pour réussir son implantation. Il faut vraiment tenir compte du particularisme de l’endroit où l’on souhaite s’intégrer. On peut réussir à Turin et être mis en échec à Naples.
Quel savoir-faire pouvons-nous apporter aux Italiens ? Les Français sont très bons dans le domaine des technologies de l’information et dans celui des services. Les Italiens nous reconnaissent également notre grande rigueur dans le domaine de la gestion pendant qu’eux font preuve d’une grande adaptabilité et d’une réelle inventivité. Sara Fredaigue (www.lepetitjournal.com - Rome) mardi 6 novembre 2007 
Signature de la convention, entre la Mission économique et la CFCII, par Jean-Marie Metzger et le Président de la CFCII M. Patrick Brechon, en présence de Madame Christine Lagarde et du précédent Ambassadeur, M. Yves Aubin de la Messuzière. (photo : Service de presse de l’Ambassade de France à Rome ) |