|
ENTRETIEN - Samuel Benchetrit sur l’asphalte espagnol |
|
|
lundi 29 octobre 2007 |
Ecrivain, réalisateur et scénariste. A l’occasion de la traduction en espagnol du deuxième tome de son roman Chroniques de l’asphalte,
Samuel Benchetrit était jeudi à l’Institut Français de Barcelone.
Lumière sur ses 2 chroniques écrites et les 3 à venir qui se veulent
avant tout un "autre" regard sur la banlieue. Entre autobiographie et
fiction…Samuel Benchetrit laisse le lecteur faire son choix. Rencontre
(Photo LPJ)
Lepetitjournal.com : Quelle la meilleure critique que vous ayez reçu sur votre roman Chroniques de l’asphalte ? Samuel Benchetrit : Un autre regard sur la banlieue. Les médias et politiciens se sont emparés de la banlieue pour faire peur au gens. Ils leur ont donné une image catastrophique. Dans Chroniques de l’asphalte, j’ai voulu mettre la banlieue en premier plan, donner un autre point de vue de ces quartiers populaires. Raconter qu’il y a de l’humour partout, même s’il y a des problèmes.. La banlieue, c’est comme un village, où les enfants vivent chaque jours plusieurs histoires. Le but n’est pas de faire passer un message mais d’apporter des questions en vue de trouver des solutions LPJ : Quelle est la part de fiction et d’autobiographie ? S.B : C’est le lecteur qui décide, il a le choix de savoir ce qui est vrai ou non. De mon côté, je reste honnête par rapport aux émotions. Je rends compte des sentiments et des souvenirs.
LPJ : Pourquoi avoir choisi de l'écrire en 5 tomes ? S.B : Ça c’est juste une question d’édition. A la base, je voulais faire un projet important et étendu sur la banlieue. Alors les éditeurs ont décidé de décliner Chroniques de l’Asphalte en 5 tomes avec toujours la notion de la banlieue en arrière plan.. Par exemple, le tome 1 parle d’une enfance tendre dans dans un environnement dur.. dans du béton, le 2, qui vient de sortir, il y a quelques mois en France est moins aimable et très cru comme un adolescent.
LPJ : Vous êtes acteur, scénariste, écrivain, quelle est la casquette que vous préférez ? S.B : Tout est question d’énergie. Faire un film par exemple, c’est très difficile. C’est très epuisant. Beaucoup de monde, d’argent….J’ai qu’une envie, ensuite, c’est de retrouver une intimité et de me remettre à écrire un livre. Car un livre, c’est plus précieux et plus personnel.. Le théâtre c’est autre chose. C’est la scène pour un chanteur de cinéma. C’est à mi-chemin entre le cinéma et l’écriture.
LPJ : Si vous deviez faire un mix de tous vos talents… par exemple, interprèter Chroniques de l’asphalte au cinéma ? S.B : On me l’a souvent proposé mais jme suis gardé les droits pour l’instant. Car le ton des Chroniques de l’asphalte n’est pas très facile à interpréter au cinéma. Fellini a su très bien le faire en tout cas. Mais c’est un projet.. peut être un jour . J’aimerais vraiment faire un film sur la banlieue. Pour le moment, je viens de terminer un film qui sortira en mars : J’ai toujours rêvé d’être un gangster.
LPJ : Le 3ème tome deja entamé ? S.B : Non, je ne fais rien d’avance, pour ne pas laisser les autres écrits de côté. J’aime bien finir avant de commencer autre chose. Quant au troisième tome, il ne portera pas forcément sur mes trente premières années comme il l’a été souvent dit .Ce n’est pas parce-que les deux premiers tomes ont porté sur une période assez longue que ce sera le cas pour le troisième. Il peut s’agir d’un roman sur un mois.. six mois..
LPJ : Faites-vous la promotion de Chroniques de l’asphalte dans d’autres pays ? SB: Je n’aime pas trop faire la promo de ce que je fais. C’est étrange… mais parler en public c’est la chose dans laquelle je ne me reconnais vraiment pas. C’est le seul moment qui n’appartient pas à mon métier.
LPJ : Et Barcelone vous connaissez? SB : Oui je suis déjà venu plusieurs fois. J’ai des amis proches qui y vivent, dont Sergi Lopez à Villanova. J’aime beaucoup Barcelone, c’est très sympa. J’aimerais bien y vivre.
Propos recueillis par Rebecca FOURE et Gaelle STEVANT LE FRANC (le petitjournal.com) lundi 29 octobre 2007
Lire aussi dans nos archives une critique du premier tome - Samuel Benchetrit et le temps des tours
|