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CONFERENCE - La microfinance, instrument de lutte contre la pauvreté Suggérer par mail
jeudi 25 octobre 2007
Le Centre de ressource pour le développement de l’économie sociale (APEL), présidé par Franco Aloisio, était hier l’organisateur d’une conférence nationale sur le micro-crédit social qui s’est déroulée à la salle Elvire Popesco de l’Institut français. Co-financée par l’ambassade de France en Roumanie, cette rencontre a accueilli plusieurs experts de l’économie sociale

(Photo LPJ)

“Parmi les jeunes qui vivent dans les rues, certains ont la capacité de monter une affaire (…) L’esprit de base de cette réunion est que les gens en difficulté peuvent devenir une ressource pour la société”, a souligné Franco Aloisio, président d’Apel, au commencement de la réunion. Un “esprit de base” partagé par Gilles Sohm, directeur du fonds de pension AG2R, qui a rappelé les principes fondamentaux de l’économie sociale au sein de laquelle s’inscrit le microcrédit : “L’économie sociale, c’est la volonté de concilier l’économique et le social, et de replacer l’homme au coeur de l’activité économique (…) Cette économie sociale a les mêmes exigences que l’économie capitaliste, il faut proposer des services de qualité.” A ne pas confondre, et Gilles Sohm insiste, avec l’économie solidaire… “La seule vision caritative est moins porteuse de solutions que l’économie sociale. Il faut savoir créer une alliance dans la société au sens large.” En Roumanie, selon la Banque mondiale, le nombre de personnes pauvres, c’est-à-dire vivant avec moins de 3 dollars par jour, a été réduit par trois entre 2000 et 2006, passant sous la barre des 3 millions. “Mais les risques de pauvreté restent très élevés, notamment dans les régions rurales du nord du pays”, souligne Cristina Loghin, secrétaire générale de Caritas Roumanie.

La microfinance, un engagement
Le concept de microfinance est encore jeune, tant en Roumanie qu’au sein de l’Union européenne. C’est depuis 2005 et la remise du prix Nobel de la Paix à Muhamad Yunus, surnommé “le banquier des pauvres” que l’idée a commencé à mûrir. Le Réseau européen de la Microfinance a désormais un ou plusieurs représentants dans chacun des pays de l’UE. Son directeur, Philippe Guichandut, explique que “l’apport d’un crédit n’est pas suffisant, des services financiers d’accompagnement sont nécessaires, c’est ce qui définit la microfinance”. Florica Chereches, directrice de l’association Integra à Bucarest ajoute que "travailler avec des personnes en difficulté présuppose un investissement plus important que le seul fait de prêter de l’argent. Il est très important d’accorder plus de services comme la consultance ou le conseil (…) Le crédit social est plus utile que le crédit simple car il est centré sur l’insertion sociale, le développement et la crédibilité des bénéficiaires, un vrai transfert de connaissances s’effectue".

Combien et à qui ?
“Pour la Roumanie, le besoin de microfinancement est estimé en 2007 à environ 800 millions d’euros (…) Ici les vrais financeurs de la microfinance sont surtout 25 instituts et ONG non-bancaires qui offrent des services financiers non-formels. Ils se trouvent surtout en Transylvanie et à Bucarest” explique Maria Doiciu, représentante en Roumanie du Réseau européen de la Microfinance. Même si quelques banques comme la BRD-Société Générale offrent aussi des micro-crédits sociaux de façon parallèle. Selon une loi adoptée en Roumanie en 2005, les micro-crédits peuvent aller jusqu’à 25.000 euros mais des prêts plus larges sont en discussion. Car comme dans le reste de l’Union européenne, 90% des entreprises en Roumanie sont des micro-entreprises. Et la demande ne cesse de croître. “Les pertes du secteur sont minimes, moins de 1%. Pour la plupart des financés, payer son prêt est une question d’honneur” ajoute Maria Doiciu. Mais qui sont-ils ? "Nos clients sont en général des petites entreprises familiales du milieu rural ou des femmes en difficulté", affirme Florica Chereches. Constat partagé par Mircea Onita, directeur général du Centre de développement économique : "Nous travaillons surtout dans le domaine agricole, et il est vrai que la catégorie des femmes est bien représentée dans les financements que nous accordons."
L.C. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) jeudi 25 octobre 2007
 
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