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FORMATION. C'était comment le lycée français ? |
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Dans La leçon de français , une quarantaine de personnalités du monde entier racontent en quoi leur scolarité dans un lycée français a marqué leur parcours. Un éclairage fascinant sur l'influence française vue de l'intérieur
En 1960, lorsque Maïssa Bey est entrée au lycée Fromentin d'Alger, il n'y avait que sept élèves d'origine algérienne. Elle a vécu cette scolarité comme une chance formidable pour continuer ce que son père avait entamé . Instituteur, celui-ci avait été exécuté par des militaires français quelques années auparavant. Si le témoignage de cette auteure algérienne est sans doute le plus frappant, La leçon de français, dans son intégralité, mérite le détour.
Nadine Vasseur a en effet recueilli les souvenirs d'une quarantaine de personnalités du monde entier sur leur passage dans des établissements français à l'étranger. De Ricardo Bofill à Barcelone, à Boutros Boutros Ghali à Héliopolis, en passant par Maria de Médeiros à Lisbonne, Karl Sigmund à Vienne ou Marjane Satrapi à Téhéran, tous racontent un morceau de vie où leur histoire personnelle a rejoint la grande. Quelles images conservent-ils de leur rencontre avec la France par le biais de son système éducatif ? En quoi ont-t-elles modifié ou influencé la suite de leur parcours ?
Alors que l'Argentine était plongée dans ses heures péronistes, Carmen Bernand a vu naître sa vocation d'anthropologue au lycée français de Buenos Aires parce que justement ici, et nulle part ailleurs, on y enseignait le sens critique.
Élite et altérité
En plus de sa pédagogie basée sur les valeurs de laïcité républicaine, une des spécificités du système français a toujours été d'ouvrir ses établissements aux enfants du pays d'accueil. Aujourd'hui encore sur les 236.000 élèves scolarisés dans les quelque 400 établissements reconnus par l'Éducation nationale dans 127 pays, moins d'un tiers est de nationalité française.
En raison du prestige, souvent très ancien, des établissements gérés pour la plupart par l' Agence pour l'enseignement du français à l'étranger (AEFE), il existe une forte demande des milieux d'influence du pays d'accueil. Et donc la certitude de rencontrer des gens riches culturellement pour se construire dès le plus jeune âge un réseau de connaissances.
La postface de La leçon de français resitue d'ailleurs cette dimension sociale dans un contexte actuel. « Nos établissements, dit Maryse Bossière, directrice de l'AEFE, forment des individus qui sont vaccinés contre la peur de l'autre ». Et en effet, si au fil des récits certains reprochent une pédagogie autocentrée sur la France, tous les anciens élèves reconnaissent combien les lycées français leur ont appris à apprécier l'altérité.
Betty RUBY. (LPJ) 4 février 2005
En savoir plus
La leçon de français, propos recueillis par Nadine Vasseur, Actes Sud / AEFE, 213p, 15€
Renseignements relatifs aux établissements français de l'étranger sur le site de l'AEFE : www.aefe.diplomatie.fr
Étudier dans un établissement français à l'étranger
http://www.eduscol.education.fr/D0100/A1421.htm
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