A 22 ans, Daria est une jeune fille grecque, pas comme les autres. Elle parle un français parfait, teinté d'expressions littéraires, "sans jamais avec vécu dans le pays" précise-t-elle
Daria, ou la vie d'une étudiante francophone à Athènes (Photo LPJ)
“Le français, pour moi, c'est une histoire de famille” explique celle dont la grand-mère a toujours voulu apprendre le français et dont la mère allait à l'Ecole St Joseph. Dépositaire du rêve de ses aînées, Daria veut donc aller jusqu'au bout. “Même, si je ne connais pas grand chose du pays, de la culture et des gens, la langue française sonne familièrement à mes oreilles, je la sens proche de moi.” Initiée dès l'âge de 5 ans, à la maison, par un professeur particulier, la jeune femme ne peut de toute façon y échapper : les cours de français commencent au biberon. Aujourd'hui, après quelques années malheureuses en faculté de Chimie, Daria décide de se consacrer exclusivement au français en entamant un Deug de Lettres Modernes, Paris IV-La Sorbonne et ce, tout en restant à Athènes, à l'IFA. Elle a retrouvé sa voie. Ainsi, entre le “Bistro Paris-Athènes”, les salles de cours, et son petit appartement “juste en face”, elle potasse inlassablement l'ancien français, la grammaire, la littérature et le latin, pour devenir, un jour, qui sait, traductrice, professeur de français ou d'histoire ... A ce rythme, il ne lui reste que peu de temps pour s'intéresser à la France d'aujourd'hui. Politique, vie littéraire, mode ou culture, elle feuillette, de temps en temps, quelques magazines, mais sans plus. Par chance, une poignée d'amis français ou binationaux lui permet d'échanger et de s'exprimer dans la langue qu'elle étudie. Même si ce n'est pas toujours facile : “Lorsqu'ils parlent entre eux, je ne comprends pas toujours, ce doit être de l'argot” avoue-t-elle.Le français, passé de mode auprès de Grecs ? Si le français a connu ses heures de gloire en Grèce parmi les générations précédentes, le parcours de Daria est aujourd'hui quelque peu atypique. “Nous ne sommes que 7 en 2e année de Lettres Modernes et nous étions 3 en 1ère année !” Plus jeune étudiante de sa classe, les autres ont souvent déjà un parcours professionnel dans la traduction ou l'enseignement. En dehors de cours, elle se dit un peu déçue du niveau de français des jeunes de son âge. Daria se souvient d'ailleurs avec humour d'un ami grec, parti terminer ses études en France, qui, après quelques jours sur place, l'appelle, angoissé : “Daria, ils ne me comprennent pas !”. D'après elle, les jeunes ne lisent pas assez en français et ne font pas l'effort de communiquer dans cette langue, de faire attention à la prononciation, si différente du grec. Pour Daria, le rêve continue puisque, c'est décidé, elle part l'année prochaine, s'installer en France pour vivre enfin sa francophonie en direct et poursuivre en Licence de Lettres. Bonne chance ! Delphine MILLET PRIFTI. (www.lepetitjournal.com – Athènes) mercredi 24 octobre 2007 |