| Ecrit par Marie Varnieu,
le 24-10-2007 00:00
|
|
100.000 personnes risquent de mourir de l’amiante d'ici à 2030. Hier, un ancien médecin du travail de Valeo était mis en examen pour ne pas avoir pas alerté les salariés des risques qu’ils encouraient. En parallèle, une enquête de l'Institut de Veille Sanitaire affirme qu’un simple contact avec l’amiante peut être mortel  L'amiante, interdite depuis 1996, pourrait causer la mort de 100.000 personnes d'ici à 2030 (Photo AFP)
"Buvez du lait." Voilà ce que Claude Rafaéli, ancien médecin du travail, répondait à des salariés de l’usine Ferodo-Valeo (Calvados) qui venaient se plaindre de gênes respiratoires. Hier, il était entendu par la magistrate du pôle de santé publique de Paris pour "non-assistance à personne en péril." Car l’attitude du médecin, aujourd’hui retraité, a laissé à la dérive des centaines de salariés aujourd’hui malades de l’amiante. Reste à savoir si Claude Rafaéli n’a pas su, ou pas pu, prévenir à la fois l’entreprise et les travailleurs, au contact permanent de l’amiante, des risques, connus depuis près d’un siècle, qu’ils encouraient. Selon la loi, le rôle du médecin du travail, "exclusivement préventif, consiste à éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail, notamment en surveillant les conditions d’hygiène du travail, les risques de contagion et de l’état de santé du travailleur." Claude Rafaéli a donc manqué à ce principe. Une chose joue toutefois en sa faveur : un médecin du travail est payé par l’entreprise, il n’est donc pas indépendant vis-à-vis d'elle, ce qui expliquerait ses réticences à exposer le problème. A l’opposé, le passif du docteur ne plaide pas pour lui : il est intervenu comme expert au sein du Comité permanent amiante, créé en 1983, qui avait pour but de retarder le plus possible l’interdiction de la fibre mortelle… en taisant donc les complications dues à l’amiante.
100.000 morts d’ici 2030 Dans la foulée de cette mise en examen, une enquête scientifique de l’Institut de Veille Sanitaire rendue publique lundi révèle qu’il ne suffit plus d’avoir été au contact de l’amiante pour être contaminé mais qu'une simple présence dans un lieu contaminé peut aussi avoir des conséquences mortelles. Ainsi, un volcanologue, un physicien, un professeur de mathématiques, un paléontologue et un océanographe de l’université de Jussieu sont tous décédés de cancers liés à l’amiante. Ces cinq chercheurs enseignaient entre des murs bourrés d’amiante… Généralement, il faut entre 30 et 40 ans pour qu’une maladie liée à l’amiante ne se déclare chez les patients. Ainsi, selon les estimations, le gouvernement va devoir faire face au décès de près de 100.000 personnes d’ici 2020-2030. Le ministère de la Santé a donc mis en place un numéro vert pour obtenir plus de renseignements : 0.800.13.00.00. Marie VARNIEU. (www.lepetitjournal.com) mercredi 24 octobre 2007 En savoir plus Libération : Amiante: un médecin du travail entendu par les juges Le Monde : Amiante : une étude souligne les dangers de l'"exposition passive" Le Nouvel Obs : Dégâts sanitaires de l'amiante : le pire est peut-être à venir
|