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SOCIETE- Les paradis artificiels des jeunes Egyptiens (II) : drogues high class Suggérer par mail
vendredi 26 octobre 2007
Selon une étude officielle, l’Egypte compterait quelques six millions de toxicomanes, soit 8,5% de la population. Un bon terrain pour  toutes sortes de narcotiques : l’Egypte consomme et produit . Les jeunes de 15 à 25 ans sont les plus touchés. Témoignages


Walid préfère l’héroïne. Ce jeune diplômé fait partie d’une autre classe sociale. Celle des riches, ou les goûts et les genres changent. Ses traits sont purement égyptiens. Cheveux noirs, teint foncé, mais pas son look :  jean large et haut moulant. Il parle rarement en arabe. C’est en anglais qu’il fait ses études dans une grande université internationale du Caire où les droits d'inscriptions représentent plusieurs milliers de livres égyptiennes. "L’héroïne n’est pas mal du tout, elle me laisse dans un bon état : je me sens relaxé. Au contraire, le bango me fait tout oublier, et ça crée des problèmes. Je peux frapper quelqu’un s’il m’énerve," dit Walid. L'héroïne l'accompagne dans toutes ses sorties. Il affirme la consommer pour goûter au vrai plaisir de la vie. Elle est presque de toutes ses soirées.

L'h
éroine est soufflée dans un verre, puis inhalée. (photo Saleh Salem, LPJ)

Livrés à domicile
Une autre sorte de drogue est très répandue pour la jeunesse égyptienne dorée, celle qui a les moyens : l’huile de Haschich. Une petite bouteille en verre, dont le contenu s’étale sur une cigarette. Pour les concerts, les fêtes et les discothèques :  "Il ne faut pas rater les ‘pills’, une sorte de comprimé. Ce genre nous laisse survoltés et hyper contents", détaille Walid. 
Un comprimé coûte environ 130 LE. A commander, car ils les ramènent de l’Europe. Qui ? Les dealers. A entendre Walid, Ils sont partout, ils se reconnaissent aisément : "Ils nous facilitent la tâche. A Maadi par exemple, on commande nos doses par téléphone. Mais service de livraison est réservé aux habitants du quartier."  Partout, les dealers font de leur mieux pour être accessibles, sur le chemin de la côte Nord par exemple, destination courue de vacances et de fiestas. Les dealers attendent leurs victimes. "On leur fait deux fois des appels de phare et on se gare. Ils viennent nous donner ce que nous voulons", affirme Walid. Comme Karim, il ne s'alarme pas des chiffres de la consommation en Egypte. Il pense que presque tous les jeunes Egyptiens se droguent, "comme tous les jeunes sur la planète Terre : de temps à autre".
Ces témoignages désabusés sont à des kilomètres des discours officiels qui refusent généralement de reconnaître le problème et vont jusqu'à nier l’existence des drogues en Egypte. 
Nora DARDIR. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) vendredi 26 octobre 2007

Voir notre article. Les paradis artificiels des jeunes egyptiens (I): L'histoire de Karim

 
 
 
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