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SOCIETE- Les paradis artificiels des jeunes Egyptiens (I): l'histoire de Karim
jeudi 25 octobre 2007
Selon une étude officielle, l’Egypte compterait quelques six millions de toxicomanes, soit 8,5% de la population. Un bon terrain pour  toutes sortes de narcotiques : l’Egypte consomme et produit . Les jeunes de 15 à 25 ans sont les plus touchés. Témoignages


"C'est exagéré. Six millions de toxicomanes c'est énorme. En plus, Il ne faut pas confondre : tous ceux qui se droguent ne sont pas des toxicos", lance Karim, 23 ans. Le jeune homme s'est drogué pendant quatre ans. C'est avec un ton calme, mêlé de tristesse, qu'il raconte son expėrience, sa souffrance plutôt.  Il y a deux ans, ’il a décidé d'arrêter. "Je ne voulais pas ressembler à un chien qui ne peut pas vivre sans son morceau de viande" raconte-t-il. "Mais de temps à autre, une petite dose fait du bien", reconnaît il dans un sourire.  
Selon un rapport du Conseil national de lutte contre la dépendance à la drogue (NCFTA), l'Egypte compterait quelque six millions de toxicomanes, soit 8,5% de la population. D'après cette enquête, 12,2% des lycéens interrogés ont déclaré se droguer. Karim y voit le symptôme du malaise d'une génération sans avenir, effrayée par le chômage qui se plonge dans la drogue pour lutter contre l'ennui.

La fumée d'héroïne est soufflee dans le verre puis inhalée (Photo LPJ)

Partager un plaisir dangereux
Pou lui tout commence en première année de fac. Tout le monde se drogue, garçons et filles "alors pourquoi pas moi ?", confie-t-il. Il essaye presque tout : le bango (l'herbe locale), l'héroïne et surtout le "hash", dit-il avec un accent anglais prononcé, comme une marque d'un langage à part. Le haschich est le plus consommé par les classes populaires et moyennes égyptiennes. Moins cher, il est rendre les jeunes plus cool et les problèmes plus simples. C'est pour ces raisons que Karim l’a choisi. Cultivé dans le désert égyptien, c'est un produit local, accessible à tous les jeunes.  
Les ados se regroupent par cinq, chacun paye de 25 à 50 LE pour le consommer ensemble. Pour passer un bon moment, pour devenir d’autres personnes.
Au Caire, les drogues coûtent plus cher. Un "coin", "une pièce" de haschich vaut 100 LE, contre 35 LE à Alexandrie. Certains jeunes voyagent pour le ramener à bas prix d’Alexandrie ou du Fayoum. "Plus on se rapproche de la source, ports ou désert, plus le prix baisse", explique Karim. "Je ne suis pas un toxico. Avant oui mais maintenant non ! A Ramadan, par exemple, j'ai tout arrêté. Pour le respect de ce mois sacré. Les toxicomanes, par contre, ne le  peuvent pas" assure Karim.
La suite, demain...
Nora DARDIR. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) jeudi 25 octobre 2007

 
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