| Ecrit par CASABLANCA,
le 23-10-2007 01:00
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Outre la vente d'un TGV au Maroc signée hier à Marrakech, Paris envisage de conclure une quinzaine de contrats commerciaux avec Rabat durant la visite du président Nicolas Sarkozy en déplacement aujourd'hui à Rabat et Tanger
Le Président Sarkozy et le Roi Mohammed VI sur la route du Palais Royal, hier à Marrakech (photo AFP). En dehors de la rencontre diplomatique et amicale avec le Royaume et son souverain Mohammed VI, le volet économique est comme prévu, au coeur du premier voyage du président français au Maroc. Il est arrivé à Marrakech hier après-midi, accompagé de nombreux membres du Gouvernement Fillon, de ses deux fils, Pierre et Jean, et du chanteur français de Raï, d'origine algérienne, Faudel, fidèle soutien de l'ex-candidat UMP à l'Elysée. Le président Sarkozy a été accueilli à sa descente d'avion par le Roi Mohammed VI, et salué par une foule marocaine agitant des petits drapeaux tricolores au passage du convoi officiel se dirigeant vers le Palais Royal. Un premier contrat en faveur d'une ligne TGV a été signé hier soir dans la Ville Ocre, où est logé le président durant sa visite de trois jours. Le protocole d'accord d'un marché de 2 milliards d'euros, concerne une ligne Tanger-Kénitra dans un premier temps, puis Casablanca ensuite. Le tout reviendra pour moitié, à trois entreprises françaises, Alstom, la SCNF et Réseau Ferré de France, pour le matériel roulant et l'équipement de la voie, a confirmé hier soir le porte-parole de l'Elysée, David Martinon. Alstom sera chargé de livrer 18 rames de trains à très grande vitesse à deux niveaux (Duplex). La construction de cette ligne, à l'étude depuis 2004, permettra de relier Tanger à Casablanca en 2h10 au lieu de 5h actuellement, en 2013, selon Alstom, rapporte l'AFP. Après la Corée du Sud, puis sans doute prochainement l'Argentine, le savoir-faire français dans le domaine du train à grande vitesse fait une entrée remarquée sur le continent africain.
Une Frégate Européenne Multi-Missions L'éventuelle vente d'avions Rafale-Dassault, annoncée comme perdue, ce qui n'est pas encore officiel "politiquement", est presque "compensée" par la livraison d'une Frégate Européenne Multi-Missions (Fremm) destinée à la marine marocaine, pour une enveloppe de 500 millions d'euros. "Une coopération de défense et d'armement" serait même entérinée, affirmait hier le quotidien marocain l'Economiste. Il est aussi question d'une possible construction d'une centrale nucléaire dans le sud du pays (à Safi ?). Anne Lauvergeon, la PDG du groupe nucléaire français Areva, fait partie de l'imposante délégation économique française accompagnant le Président. Elle a signé un autre protocole d'accord lundi soir avec l'Office chérifien des phosphates pour une coopération "en matière de recherches dans le domaine de l'extraction de l'uranium à partir de l'acide phosphatique". Un "arc en ciel" de protocoles a été paraphaphé dans d'autres domaines, dont ceux de la formation, et de la coopération judiciaire en présence de Rachida Dati, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, portant notamment sur la détention de prisonniers marocains et français dans leur propre pays. Par ailleurs, la France va ouvrir un crédit de 38 millions d'euros pour le financement du projet d'assainissement de l'agglomération de Nador (nord du pays). Elle devrait faire un don de 8 millions d'euros pour soutenir l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH), un programme social qui cible les régions et les quartiers les plus pauvres du Maroc, selon une source gouvernementale marocaine relayée par l'AFP hier soir. Quant à la construction d'une usine Renault-Nissan (6 000 emplois) à Tanger, déjà annoncée fin août sous forme "d'intention", le protocole d'accord définitif doit être signé ce mardi dans la zone franche de la ville du Détroit de Gibraltar, aux portes du marché européen.
Au Parlement, comme Chirac Le Président Sarkozy se rendra ce mardi matin au Parlement de Rabat où il prononcera "un grand discours" devant les Parlementaires, comme l'avait fait Jacques Chirac en 2003. Il se recueillera ensuite au Mausolée Mohammed V sur la tombe de Mohammed V et celle de Hassan II, père de l'actuel Souverain. Nicolas Sarkozy visitera le vaste chantier du tramway de Rabat et de l'aménagement de la Vallée du Bouregreg, auquel des entreprises françaises participent. En fin de matinée, il reprendra l'avion pour Tanger où il visitera les installations du port de Tanger-Med. Il prononcera dans le Palais Royal Marshan, un discours très attendu sur son projet d'union Méditerranéenne (lire ci-dessous). Il regagnera ensuite Marrakech en fin d'après-midi pour le dîner officiel selon le programme protocolaire. Mercredi, il inaugurera les nouveaux locaux du Consulat général français de Marrakech, et prononcera un discours devant des membres de la communauté française invités en nombre. Didier BOUVILLE (www.lepetitjournal.com - Casablanca) mardi 23 octobre 2007
TOUTE LA PRESSE EN PARLE La plupart de la presse du Royaume de lundi a consacré ses unes au premier voyage d'Etat du président Sarkozy, avec des interviewes louant les relations d'amitié qui unissent les deux pays, et leur partenariat commercial d'exception. Dans un long entretien avec le quotidien Le Matin, le président français y dévoile quelques éléments des nouvelles relations entre Paris et Rabat, plus pragmatiques, différente de l'ère chiraquienne d'inspiration plus familiale...
S'agissant de la volonté de réforme du roi Mohammed VI, Nicolas sarkozy la juge "ambitieuse" et ajoute que "la France est déterminée à les soutenir". Concernant le projet d'Union de la Méditerranée dont il consacrera un important discours ce mardi à Tanger, il se félicite du soutien du Maroc qui a vocation à devenir un pilier de cette Union méditerranéenne. "Dans mon esprit, l'Union de la Méditerranée a vocation à réunir les pays riverains autour de projets concrets, car la Méditerranée est notre patrimoine commun. Son avenir se joue autour de quelques domaines clés dans lesquels nous avons le devoir de progresser ensemble : je pense au développement économique, à l'environnement, au dialogue des cultures ou à la sécurité".
"Une immigration professionnelle de 7 à 50%" Le dossier de l'immigration, que peu d'observateurs français évoquent lors de cette visite présidentielle, est au contraire ici un sujet suivi, et "majeur pour la France" poursuit le président. "La situation actuelle n'est pas satisfaisante : les migrations légales se font peu et mal, la circulation normale des personnes se heurte à de plus en plus d'obstacles et, dans le même temps, l'immigration clandestine perdure. J'ai ainsi souhaité que les migrants appelés à s'installer durablement en France puissent être choisis en tenant compte des capacités d'accueil de notre pays et des besoins de notre économie. Notre volonté est de faire passer l'immigration professionnelle de 7 à 50% des personnes qui s'installent durablement en France" affirme t-il, toujours dans les colonnes du Matin.
Sahara ocidental : le soutien français Enfin, il est un autre dossier où la France est très attendue, celui de l'épineux dossier du Sahara occidental. "La France se félicite que les parties au conflit aient commencé à discuter sur la base de la résolution 1754 du Conseil de sécurité" indique le président Sarkozy. "Après la première rencontre de négociations à Manhasset, la France souhaite qu'un véritable dialogue s'engage sur le fond. La résolution 1754 cite le plan d'autonomie présenté par le Maroc et le qualifie de crédible et de constructif. C'est aussi le point de vue de la France. Pour nous, le règlement politique de la question du Sahara est une nécessité qui n'a que trop attendu : l'enjeu est de redonner une perspective à des populations qui en sont privées, de prévenir la multiplication des trafics en tous genres, qui fragilisent la région et qui ciblent l'Europe et de lutter contre le risque terroriste, qu'il ne faut ni surestimer, ni écarter. Au-delà, le bénéfice à attendre d'un règlement, c'est la relance de la construction de l'Union du Maghreb Arabe et de véritables progrès vers une intégration régionale qui se fera au bénéfice de tous" clame le président Sarkozy. (www.lepetitjournal.com - Casablanca) mardi 23 octobre 2007
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