Le président Sarkozy est attendu aujourd'hui en fin d'après-midi à Marrakech pour sa première visite de chef d'Etat au Maroc de trois jours. Il doit signer ce soir avec Mohammed VI, la vente d'un TGV reliant Tanger à Marrakech, dans cinq ans. Si tout va bien...
Une récente publicité des chemins de fer marocains (ONCF)... Les chevaux TGV sont presque lâchés... (photo DR).
Rabat et Paris doivent signer ce lundi à Marrakech un accord sur une ligne à grande vitesse selon l'AFP, reprenant une source marocaine proche du Palais Royal. Depuis un mois, des experts français et marocains étudieraient la faisabilité d'une ligne TGV Tanger-Rabat-Casablanca-Marrakech, soit une distance de plus de 500 km. Patrick Kron, PDG d'Alstom, fabriquant du TGV, doit accompagner Nicolas Sarkozy lors de sa visite. Selon le site de l'Express, la première tranche porterait sur un montant d'environ 1,8 milliard d'euros pour un projet total évalué à 3 milliards et une mise en service prévue entre 2012 et 2015. "Le contrat reliant les deux Etats, les chemins de fer français (SNCF) et marocains (ONCF) et des fournisseurs, dont Alstom, serait accordé de gré à gré, c'est-à-dire sans appel d'offres", affirme aussi le site de l'hebdomadaire. Alstom n'a exporté le TGV qu'une seule fois hors d'Europe, en Corée du Sud. Le groupe est aussi le seul candidat en lice en Argentine pour réaliser la ligne Buenos Aires-Cordoba (700 km). Lire aussi : Négociations en rafales avant la visite de Sarkozy
- Lundi à Marrakech. Le Président Sarkozy arrivera en fin d'après-midi. Il sera accueilli à l'aéroport par SM le Roi Mohammed VI, comme le veut le protocole des visites d'Etat. Les deux hommes se rendront ensuite au Palais Royal pour la cérémonie officielle d'accueil, qui sera suivie par un entretien en tête-à-tête entre les deux chefs d'Etat. Le Président aura ensuite une audience avec le nouveau Premier ministre marocain Abbas El Fassi, puis un dîner privé avec le Roi. Mahi Binébine, le peintre qui expose depuis vendredi à Rabat à la galerie Bab Rouah, à l'occasion du lancement de son livre, rétrospective de ses 20 ans de création, comme annoncé dans notre édition (Pense bête), accueillera chez lui à Marrakech le président Sarkozy afin de lui présenter ses oeuvres. C'est sans doute l'intérêt que porte lui-même le Roi au travail de ce peintre marocain qui a vécu et enseigné les mathématiques pendant une dizaine d'années à Paris, qui a donné envie au Président de prendre le temps de découvrir l'artiste, malgré un agenda très chargé...
- Mardi à Rabat, Tanger puis Marrakech. Le Président se rendra dans la matinée dans la capitale marocaine à Rabat. Il se rendra d'abord au Parlement où il prononcera un grand discours devant les Parlementaires, comme l'avait fait Jacques Chirac en 2003. Il se rendra ensuite au Mausolée Mohammed V pour déposer une gerbe sur la tombe de Mohammed V et une autre sur la tombe de Hassan II, père de l'actuel roi Mohammed VI. Il visitera le chantier du tramway de Rabat, auquel un certain nombre d'entreprises françaises participent. En fin de matinée il reprendra l'avion pour Tanger où il visitera les installations du port de Tanger. Il prononcera dans le Palais Royal Marshan, un grand discours sur l'union de la Méditerranée.Il regagnera Marrakech en fin d'après-midi pour le dîner officiel.
- Mercredi à Marrakech. Le président inaugurera les nouveaux locaux du Consulat général français de Marrakech avant de prononcer un discours devant les membres de la communauté française. Il se rendra à l'hôtel Sofitel de Marrakech pour une grande rencontre économique franco-marocaine. Il visitera ensuite en compagnie du Roi, le centre de formation pour mineurs délinquants de la Fondation Mohammed VI. Le président doit quitter la Ville Ocre en début d'après-midi pour s'envoler vers Paris-Charles de Gaulle. (www.lepetitjournal.com - Casablanca) lundi 22 octobre 2007
"LES INVESTISSEURS FRANCAIS SONT CONFIANTS"
Dominique Brunin (notre photo), directeur de la Chambre Française du Commerce et d'Industrie du Maroc (CFCIM) dresse un bref état des lieux des relations commerciales entre la France et le Maroc.
- La délégation économique qui accompagne le président français est composée de 70 personnes. C'est important non ? Oui en effet, et avec beaucoup de représentants du CAC 40 sans doute... Nos relations économiques sont toujours en phase de croissance car le marché est porteur, et source de confiance pour de nombreux investisseurs.
- Justement, quel est l'état d'esprit des relations commerciales entre les deux pays ? Le Royaume du Maroc n'a jamais autant intéressé les PMI françaises depuis 2 ou 3 ans. On recensait il y a deux ans 845 sociétés ou filiales françaises présentes au Maroc. On approche des mille aujourd'hui. L'importance la délégation française lors de la visite présidentielle n'est que la confirmation de cette tendance. Rien que chez nous, à la CFCIM, nous avons dû recevoir depuis le début de l'année environ une trentaine de missions d'entreprises françaises intéressées par le marché marocain.
- Pourquoi cet engouement ? Je pense que cela est la conséquence de l'évolution de ce pays, aux différents accords de libres échanges, à l'accès au foncier plus facile pour les étrangers, un code du travail intéressant et une plus grande visibilité de l'environnement économique marocain. Ici, il n'y a pas eu un avant et un après septembre 2007, celui des dernières élections législatives. Le Maroc est stable politiquement, et poursuit avec confiance ses programmes socio-économiques de développement, comme le plan Azur, pour le tourisme ou Emergence pour l'off-shore. Ce pays profite aussi de sa position géographique de choix, avec une place de charnière est-ouest et nord-sud pour les échanges commerciaux, située à seulement 3 heures d'avion de Paris. Recueilli par Didier BOUVILLE (www.lepetitjournal.com - Casablanca) lundi 22 octobre 2007