| Ecrit par Marie Varnieu,
le 25-10-2007 01:00
|
|
L’économiste Jacques Attali a été nommé par Nicolas Sarkozy pour étudier les freins qui ralentissent l’économie française. Un beau paradoxe pour celui qui comparaîtra l’an prochain pour recel d’abus de biens sociaux Ancien conseiller de François Mitterrand, Jacques Attali a désormais rejoint Nicolas Sarkozy (Photo AFP)
Jacques Attali n’en est pas à une contradiction près. Entre 1981 et 1990, il a été le conseiller du président socialiste François Mitterrand. Lui-même de gauche, il fait partie aujourd’hui de l’ouverture voulue par Nicolas Sarkozy. Le Chef de l’Etat lui a confié une Commission pour la Libération de la croissance française, composée de 43 membres chargés de réfléchir sur le logement et la consommation. La première mouture a été rendue le 13 octobre et déjà, il crée la polémique. L’économiste juge en effet que "le principe de précaution" constitue un "obstacle à l’innovation". Par exemple, grâce à ce principe, des milliers d’oiseaux avaient été vaccinés au cas où ils attraperaient la grippe aviaire. Mais cette initiative avait fortement ralenti l’économie liée à ce marché… Fini donc le "prévenir pour mieux guérir", ce qui a fait bondir le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo qui s’est fermement opposé à la suppression de ce principe.
Jugé en 2008 dans "l’Angolagate" Ce poste de chef de commission, le premier ministre François Fillon l’avait rêvé pour Philippe Seguin, président de la Cour des Comptes, qui a décliné l’invitation. Le CV de Jacques Attali a finalement fait le reste. Major de polytechnique à 20 ans, diplômé de l’IEP et de l’ENA, cet Algérien de naissance est un touche-à-tout. Mélomane, écrivain (une quarantaine de livres édités), humaniste et politique (il est à l’origine de l’harmonisation des diplômes européens), ses passions ne sont guidées que par un seul maître mot : l’économie. En 1980, il fonde l’ONG Action contre la faim puis Planet Finance, en 1995, spécialisée dans la politique de développement et le micro-crédit. Il préside également A et A, société internationale de conseils dans les nouvelles technologies. Ce parcours quasi sans faute est toutefois entaché de deux échecs majeurs. Le premier est survenu en 1993 où Attali a été obligé de démissionner de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement de l’Europe de l’Est, qu’il avait fondée, pour avoir mal géré… ses dépenses. Le deuxième est à venir puisqu’à la nouvelle année, il comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Paris avec 41 autres prévenus pour recel d’abus de biens sociaux et trafic d’influence. Cette fois, il est accusé d’avoir touché frauduleusement 160.000 dollars de l’homme d’affaires Pierre Falcone dans le cadre de ventes d’armes à l’Angola. La suite de son parcours suivra-t-elle la courbe plongeante de l’économie française ? Marie VARNIEU. (www.lepetitjournal.com) jeudi 25 octobre 2007 Le blog de Jacques Attali Les Echos : Commission Attali : une quarantaine de personnalités pour "libérer la croissance" Le Figaro : Attali, le "Dr Croissance" de Sarkozy
|