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Avant hier a eu lieu l'édition 2007 de la Journée mondiale de l'alimentation. Alors que 854 millions de personnes souffrent de sous-alimentation dans le monde, l'Agence des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a fait part de son inquiétude pour les populations des pays pauvres et importateurs de céréales
La hausse concerne surtout le blé, et réside dans le cumul de cinq facteurs liés les uns aux autres : la révision à la baisse des prévisions de récolte mondiale pour 2007-2008, une demande soutenue, la baisse des stocks, la spéculation et l'essor des agrocarburants. Ces prix au plus haut devraient inciter à produire davantage de blé en 2008, et donc aboutir à une baisse des cours. Mais ils ne devraient pas retrouver les bas niveaux des dernières années, pour les raisons structurelles avancées ci-dessus. Au cours des dix prochaines années, de nombreux produits pourraient se maintenir à des niveaux relativement élevés, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la FAO dans un document commun publié en juillet.
Un problème universel Les populations des pays pauvres fortement importateurs de céréales pourraient se replier sur des productions locales (mil, sorgho...) non touchées pour l'instant. Celles-ci pourraient flamber à leur tour. Et avec l'accroissement de l'alimentation animale à base de céréales, la viande pourrait voir ses prix s'envoler. "Le problème est universel. Pour la première fois peut-être, que l'on habite un pays riche ou pauvre, on parle la même langue : les Italiens s'inquiètent du prix des pâtes, les Mexicains de celui de la galette de maïs, les Français et les Sénégalais de celui du pain", note Abdolreza Abbassian, expert à la FAO. Mais la facture est particulièrement lourde pour les Etats importateurs nets, surtout s'ils ne sont pas producteurs de pétrole, les coûts du fret augmentant également. Avant l'envolée du blé de ces deux derniers mois, la FAO estimait que la facture des importations alimentaires des pays les moins avancés (PMA) et des pays à faible revenu et déficit vivrier (c'est-à-dire alimentaire) pourrait, en 2007, s'alourdir de 10% sur un an, contre 2,3% pour les pays développés. Dans ces pays, les céréales et l'huile végétale représentent les deux tiers des importations alimentaires. En octobre, la FAO a estimé que la seule facture des importations céréalières des pays les plus pauvres serait en hausse de 14% en 2007-2008, par rapport au niveau déjà élevé de l'année précédente.
Quels sont les effets négatifs à redouter ? Quel que soit le continent, les plus pauvres seront les plus touchés, et particulièrement les populations urbaines, qui ne produisent pas de denrées. L'impact sera plus ou moins fort sur le pouvoir d'achat : dans les pays développés, les dépenses alimentaires représentent de 10% à 20% du budget des ménages, contre 60% à 90% dans les pays pauvres. Pour éviter des émeutes de la faim, les états vont tenter de limiter la hausse des prix, comme au Mexique avec les tortillas ou au Sénégal avec le pain. D'aucuns se demandent aujourd'hui quel effet aura la hausse sur l'aide alimentaire. Ainsi, aux Etats-Unis, son niveau est basé non sur la demande mais sur l'offre, et les stocks sont au plus bas. Ailleurs, elle est fixée dans les budgets en valeur, ce qui donnera, à enveloppe constante, des volumes plus faibles.
Et l'impact positif ? "En Afrique de l'Ouest, 60% à 80% de la population est paysanne. La hausse des céréales va donc accroître les revenus et réduire la pauvreté", explique Pascal Erard, du Comité français pour la solidarité internationale. Le phénomène pourrait aussi freiner l'exode rural. Mais les hausses de revenus ne seront pas au rendez-vous pour tous. Dans les PMA, les agriculteurs produisent souvent à peine de quoi nourrir leur famille et ont peu ou rien à vendre. Ils ne devraient donc pas pouvoir augmenter leur production, contrairement à ceux des pays émergents qui devraient davantage tirer parti du contexte. Compte rendu de la FAO. A.F. (www.lepetitjournal.com) jeudi 18 octobre 2007 |