| Ecrit par Camille VAYSSETTES,
le 30-08-2005 23:01
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Immeuble vétuste, population en situation d’extrême précarité… L’incendie qui a fait sept victimes, lundi soir, dans le IIIe arrondissement de Paris, ressemble en tous points au sinistre qui avait tué 17 personnes quatre jours plus tôt, dans le XIIIe. Cette fâcheuse coïncidence pointe avec acuité l’ampleur de la crise du logement social dans la capitale
Près de 150 personnes sont venues crier leur colère, hier, devant l'immeuble incendié du IIIe arrondissement. (Photo : AFP)
Sept personnes tuées, dont quatre enfants, toutes de nationalité ivoirienne : c'est le bilan du sinistre qui a ravagé dans la nuit de lundi à mardi un immeuble vétuste de la rue du Roi-Doré, à Paris (IIIe arr.). Cette tragédie est venue alourdir le nombre de victimes dues, ces derniers mois, aux incendies d’immeubles insalubres de la ville. Le drame du Marais a mis en lumière l’ampleur de la crise du logement social dans la capitale.
Le 15 avril dernier, déjà, 24 personnes avaient trouvé la mort dans l’incendie de leur hôtel meublé, dans le IXe arrondissement. Vendredi dernier, dix-sept autres personnes ont péri quand l’immeuble du Boulevard Auriol (XIIIe arrondissement) dans lequel elles vivaient a pris feu. Dans ces deux cas, le drame avait concerné des familles africaines en situation d’extrême précarité, louant ou squattant des appartements insalubres dans l’attente d’un logement social.
Le drame de la rue du Roi-Doré ne fait pas exception à la règle. Si l’origine exacte du sinistre n’est pas encore connue, c’est une fois de plus la vétusté du bâtiment qui est mise en cause. Selon des témoignages, les conditions de vie, dans l’immeuble, étaient moyenâgeuses (murs lézardés, absence d'eau, de gaz, d'extincteurs, présence de rats et de cafards). Pour s’alimenter en courant, les familles devaient se brancher illicitement sur des compteurs électriques.
Les immeubles les plus dangereux bientôt évacués
Réagissant à ce nouveau drame, plusieurs personnalités du monde associatif et politique ont fait entendre leur voix hier. "La question n'est pas l'argent, mais l'offre de logements. Tant qu'on ne créera pas d'offre de logements, on sera obligé de ramasser des gens qui brûlent dans des immeubles", a ainsi souligné René Dutrey, conseiller Vert de Paris. M. Dutrey est aussi président de la société d'économie mixte SIEMP, propriétaire de l'immeuble, et il souligne que le bâtiment faisait partie des "423 pires immeubles insalubres" de la capitale.
Du côté du gouvernement, le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, a appelé à une ”union sacrée” de l’ensemble des acteurs du logement, tandis que Nicolas Sarkozy a annoncé l’évacuation dans les prochains jours des immeubles et des squats les plus dangereux, sans préciser comment seraient relogées les personnes expulsées.
Hier soir, pour dénoncer le manque de logements sociaux et la passivité des pouvoirs publics, près de 150 personnes se sont réunies devant l’immeuble incendié. A l’initiative de l’association Droit au logement (DAL), un nouveau rassemblement aura lieu, samedi 3 septembre, par solidarité envers l'ensemble des victimes des logements insalubres.
Valentin BONTEMPS. (LPJ) 31 août 2005 Lire aussi
Le Nouvel Observateur, Un nouvel incendie à Paris tue sept Ivoiriens 1.000 logements vétustes à Paris
Selon l’Observatoire du saturnisme, de l’insalubrité et de l’habitat dégradé, qui dépend de la mairie de Paris, un millier de logements vétustes était recensé en juillet dernier dans la capitale. L’équipe de Bertrand Delanoë a rappelé hier qu'elle avait lancé en 2002 un plan d'éradication de l'habitat insalubre, pour un budget total de 152 millions d'euros sur six ans. Sur le plan national, le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, a rappellé que 75.000 logements sociaux locatifs ont été financés en 2004, contre 42.000 en 2000. Sur cinq ans, l'objectif est de parvenir au financement de 100.000 logements en moyenne par an. (LPJ – 31 août 2005)
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