| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 17-10-2007 00:00
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Après l’Allemagne le mois dernier, c’est au tour des Etats-Unis cette semaine de recevoir le Dalaï Lama. La Chine n’apprécie pas les honneurs qui lui sont rendus à travers le monde… et ne se prive pas de le faire savoir Le Dalaï Lama par ci. Le Dalaï Lama par là. La Chine voit de plus en plus d’un mauvais œil l’accueil qui est fait un peu partout dans le monde au dirigeant du Tibet, en exil en Inde depuis 48 ans. Cette semaine, les Etats-Unis reçoivent le chef spirituel bouddhiste, dans le cadre de sa tournée américaine commencée la semaine dernière. Elle se poursuivra dans les prochains jours par une rencontre avec le Premier ministre canadien Stephen Harper, et se conclura par des visites à Ottawa le 28, et à Toronto le 31 octobre. Hier, Bush a déroulé le tapis rouge à Tenzin Gyatso, le 14e dalaï lama. Le président américain s’est entretenu avec le Prix Nobel de la Paix 1989 lors d’une réunion privée à la Maison Blanche. Il devrait être décoré aujourd’hui de la Médaille d’or du Congrès. La Chine s’est insurgée et a demandé aux Etats-Unis d’annuler tous les honneurs prévus pour celui qu’elle considère comme un dangereux séparatiste militant pour l’indépendance du Tibet. Elle a aussi affirmé que cette visite pourrait compromettre les relations bilatérales entre Pékin et Washington. Cependant, ce n'est pas la première fois que la deuxième super puissance du monde menace un pays hôte en ces termes… Chantage à tous les étages De son côté, le Dalaï Lama affirme faire campagne pour non pas obtenir l’indépendance du Tibet vis-à-vis de la Chine, mais une autonomie culturelle et religieuse. C’est en ce sens qu’il s’est déjà rendu en Australie et en Autriche en juin. La Chine avait déjà exprimé son mécontentement et des pressions auprès du chancelier autrichien et du Premier ministre australien pour faire annuler ces deux rencontres. En septembre, la chancelière allemande Angela Merkel bravait également les pressions diplomatiques pour s’entretenir pendant une heure avec le Dalaï Lama. Le gouvernement chinois avait réagi en déclarant que c’était une "ingérence grossière dans les affaires intérieures chinoises". En représailles, il avait annulé une deuxième rencontre sino-allemande sur les droits de l’Homme, prévue à Pékin en décembre. Cette fois, une réunion internationale sur le nucléaire iranien, qui devait se dérouler aujourd’hui à Berlin, a été reportée sine die. Pékin a prétexté des raisons techniques… Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 17 octobre 2007 Le Tibet sous l’emprise chinoise Mao Zedong a annexé le Tibet en 1951. 80.000 soldats ont été déployés. La répression chinoise contre les tentatives de résistance a été sanglante. Le Dalai Lama s’est exilé en Inde en 1959 à la suite de l’échec d’un soulèvement. En 1965, le Tibet est devenu une région autonome mais la Chine l’a toujours conservé sous une coupe de fer, en contrôlant la politique du territoire et la religion bouddhiste. La majorité des monastères ont ainsi été détruits. Le dernier grand soulèvement, en 1989, a été durement réprimé, causant une centaine de morts. Des séparatistes tibétains manifestaient encore la semaine dernière en Inde pour contester un décret du gouvernement de Hu Jintao interdisant "toute réincarnation d’un maître tibétain sans l’approbation du gouvernement communiste". Ils sont parvenus à envahir l’ambassade de Chine à New Delhi. Des moines bouddhistes se sont enchaînés au mât portant le drapeau chinois, tandis que d’autres manifestants ont barbouillé les murs avec des slogans "Free Tibet". N.M. (LPJ – 17/10)
En savoir plus La Croix - Le Dalaï Lama à Washington pour défendre le Tibet Le Nouvel Obs - Le Dalaï Lama à Washington : "Un pied de nez à la Chine"
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