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Les scandales de ces dernières années en matière de sécurité alimentaire en Grèce peuvent parfois nous faire douter de la comestibilité de ce que nous avons dans nos assiettes. Lepetitjournal.com a donc rencontré Iannis Zabetakis, professeur en chimie alimentaire de l'Université d'Athènes, pour nous donner son avis (Photo LPJ)
Si, ces dernières années, la Grèce s'est mise au pas très strict de l'Europe en ce qui concerne la sécurité alimentaire, le bât blesse tout de même au niveau de la fréquence des contrôles. Ils sont en fait très rarement effectués, affirme Iannis Zabetakis, professeur en chimie alimentaire de l'Université d'Athènes. En outre, les scandales dont sont victimes les entreprises agro-alimentaires à la suite de la découverte d'un produit impropre à la consommation ne servent malheureusement pas forcément de leçon à l'entreprise en question. En effet, nous apprend le professeur, "les fabricants ne se rendent pas compte du danger pour leur propre compagnie que peut représenter un scandale alimentaire". Ainsi, un très grand industriel grec de produits laitiers qui a été l’acteur principal de deux scandales à deux ans d’intervalle, a perdu 20% de part de marché. "La perte de confiance des gens envers leur entreprise leur a fait perdre bien plus d’argent qu’un contrôle, une amende ou un rappel". A cette gestion du risque, il oppose celle pratiquée en France, où les sociétés réagissent par le retrait immédiat, et parfois à grand bruit, du marché d'un produit suspect. Aux yeux du consommateur, l'entreprise offre ainsi un gage de sérieux et gagne d'autant plus la confiance des consommateurs.
Des problèmes à la fin de la chaîne Mis à part les problèmes de fabrication qui restent relativement marginaux, le professeur met en garde contre les pratiques de certains détaillants et même des consommateurs. Ainsi, en l'absence d'affichage, la traçabilité de la viande chez les petits commercants peut être mise en doute. "Provenant souvent de Roumanie ou de Bulgarie, elle est vendue comme étant grecque" constate le professeur. Autre exemple, celui des glaces. Les congélateurs des kiosques ou des petites épiceries s'avèrent être rarement aux normes. "La température d'un congélateur devrait être constamment inférieure à 15°, ce qui ne peut pas être le cas quand ceux-ci sont exposés en plein soleil". La chaîne du froid est alors détruite avant même l’achat de votre glace. Enfin, dernier maillon de la chaîne, c'est au consommateur d'être attentif. "Un frigo ne doit pas dépasser pas les 6° , ce qui est rarement le cas" prévient le professeur. Ainsi, pour un monde meilleur en matière de sécurité alimentaire, il prône plus de contrôle et une responsabilité accrue de chacun, producteurs, commercants et détaillants. Steven DOLBEAU. (www.lepetitjournal.com – Athènes) mercredi 17 octobre 2007 |