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Un revenu moyen annuel de 10 000 LE par Egyptien ? Les chiffres officiels ont été annoncés la semaine dernière, mais cette pirouette statistique ne résiste pas à l’analyse. 
Le revenu moyen annuel de chaque citoyen a dépassé les 10 000 LE. Telle est l’annonce faite par le ministre du Développement économique Osmane Mohamed Osmane pour l’année 2006-2007. Exagéré ? Certainement. De tels résultats supposeraient que l’Egyptien moyen gagne environ 830 LE par mois…"L’Etat manipule les chiffres. Le revenu est calculé avec la division du PIB par le nombre d’habitants. Si on divise le PIB qui atteint environ 130 milliards de dollars par les 75 millions personnes on aura ce résulat. Or la question n’est pas l’augmentation du revenu moyen. Le problème réside dans la distribution des revenus. On a seulement 5% de la population qui s’empare seule de presque 25% du PIB et les 10% les plus démunis ne bénéficient que de 1% du PIB" souligne Fakhri El Feki, professeur d’Économie à Sciences Po. CQFD. La démarche n’est pas nouvelle. Le gouvernement a intérêt à présenter une image très optimiste qui correspond à des indicateurs économiques encourageants. Pourtant, même avec une croissance de 7,1%, l’augmentation du revenu moyen des citoyens et de leur niveau de vie semble une illusion. Le taux de chômage plafonne à 10% selon les chiffres officiels et l’inflation est très élevée, n’en déplaise aux déclarations optimistes du ministre. Les citoyens attendent encore les fruits de la croissance (Photo Ibtessam Zayed-LPJ) Plus de pauvres et des riches plus riches L’Etat a réussi à améliorer la croissance, et à attirer de plus en plus d’investisseurs étrangers, mais il n’a pas réussi à réduire la pauvreté. Selon les chiffres officiels, 20 % de la population égyptienne vit actuellement en dessous du seuil de pauvreté (l’opposition parle de 40 %). Une autre tranche de 20 %, appartenant à la classe moyenne, est plus que jamais vulnérable, selon une étude de la Banque Mondiale (BM). Selon la même étude, si le pouvoir d’achat de cette classe ne baisse que de 1,2 L.E. par mois, le nombre de pauvres devrait doubler pour atteindre 30 millions de personnes. Par ailleurs, la même étude prouve que les bons chiffres de la croissance n’ont profité qu’aux riches et a accentué les disparités sociales entre les Egyptiens. Une autre enquête réalisée par le Centre égyptien des études économiques (ECES) a souligné que 13,6 millions de personnes n’ont pas accès aux produits de première nécessité. "Si le gouvernement se vante d’une croissance jamais observée, la grande majorité ne la ressent pas encore. Seule une minorité des riches en fait l’expérience", conclut-t-il. Ibtessam ZAYED. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) mercredi 17 octobre 2007 |