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Le Petit Journal a le plaisir de présenter une série d’articles sur le management interculturel à l’attention des cadres expatriés français et francophones se trouvant au Mexique, mais pas seulement. Aujourd'hui "le choc culturel". Dossier
“Quel est le pays le plus difficile pour un expatrié ?". S’il est vrai que pour un expatrié français l’effort d’adaptation à Bruxelles sera moins important qu’à Karachi, dans l’absolu, il n’y a pas de pays plus difficile que d’autre. Tout va dépendre de vos capacités d’adaptation, d’ouverture d’esprit, d’acceptation de la différence, de votre empathie.
Là où certains vont mal s’adapter, ne pas s’adapter du tout, voire tomber en dépression nerveuse, d’autres vont profiter pleinement de leur expatriation. Il n’y a pas de règle. Ce qui est sûr c’est que nous ne sommes pas tous fait pour vivre dans n’importe quel type de pays, dans n’importe quel type de culture. Certains seront très à l'aise au contact des cultures latines alors que d’autres se sentiront mieux dans un environnement anglophone ou asiatique. L’expatrié qui aura passé 3 ou 5 ans au Mexique, qui aura été efficace professionnellement, qui se sera bien intégré avec sa famille, n'est pas certain de réussir son expatriation s'il est envoyé ensuite au Japon... S’adapter à des cultures donc, à des systèmes de valeurs différents, exige de grandes qualités humaines. Tout expatrié ou qu’il aille subit ce que l’on appelle "le choc culturel". La violence de ce choc ne dépend pas du pays mais bien de l’expatrié lui-même.
Comment fonctionne le choc culturel ? A priori l’expatriation est un choix. Lorsque le Directeur des Ressources Humaines répond positivement à la demande du cadre, celui-ci est content. Avant de partir il est heureux car son expatriation est un nouveau départ, un nouveau challenge professionnel, et représente des nouvelles responsabilités, une nouvelle vie… Un nouveau salaire aussi.
Lorsqu’il arrive dans le pays, au Mexique par exemple, le cadre subit plusieurs phases : 1- L’état d’euphorie : Lorsqu’il arrive dans le pays, tout est merveilleux, tout est différent, il a tendance à "sublimer" son nouvel environnement. Il a tout à découvrir. 2- Le coup de blues : 3 facteurs différents nous font passer de l’état d’euphorie au coup de blues.
Le premier : Une fois que son nouvel environnement devient sa norme quotidienne, c'est-à-dire que les choses deviennent normales, il commence à être confronté aux réalités du pays qui forcément ne sont pas toutes roses. Les embouteillages, qui lui servaient pour prendre ses repères, pour observer cet environnement inconnu, répétés tous les jours deviennent fatigants... Et petit à petit l’expatrié va ouvrir les yeux sur mille petits détails qui viennent parasiter sa vie quotidienne. Le second : Puis il y a la famille, le pays, la nourriture, les amis que nous avons laissés en France et qui commencent à manquer. L’expatrié sur Bruxelles peut rentrer en France chaque week end s’il le désire, l’expatrié au Mexique doit attendre les vacances de Noël ou d’été. C’est plus difficile dans certains cas. Le troisième : Certainement le plus inconscient et le plus déstabilisant. Au début de son expatriation l’expatrié vit dans un "no mans land" culturel. Il y a un moment en général après l’état d’euphorie, difficile à vivre car l’expatrié se rend compte que ses repères culturels ne fonctionnent pas à 100% avec les réalités du pays car il vient d’arriver et il n’a pas encore capté ceux de son nouvel environnement. Le manque de repères est toujours quelque chose de difficile à gérer. Il avoue un manque de connaissances sur l'environnement local, les repères culturels, intellectuels, historiques...
Le choc culturel peut se traduire par plusieurs comportements Le pire : La dépression nerveuse. C’est le cas du cadre qui c’est trompé de pays. Ce pays ne lui convient pas, l’effort d’adaptation est trop important pour lui, il broie du noir, critique tout ; les gens, la chaleur, la nourriture, tout ! Du coup de blues, il va petit à petit sombrer dans la dépression. D’après les études cette catégorie représente quand même 30% des expatriés français dans le monde. L’autre cas négatif, l’insatisfait, qui après son coup de blues, passage obligé, va rester dans un état d’esprit toujours négatif. Il a bien pris ses repères dans son pays d’accueil, mais il n’y a rien à faire : il reste très critique vis-à-vis du pays. C’est le cas de beaucoup d'entre nous. Ce cas reste négatif, car il est difficile d’être performant professionnellement lorsque l’on ne se sent pas bien dans un nouveau pays. Le troisième cas, le passionné. Cas qui reste négatif pour l’entreprise mais positif pour l’expatrié. C’est l’expatrié envoyé au Mexique par son entreprise, qui rapidement tombe amoureux du pays (souvent d’une ou d’un Mexicain), qui devient plus mexicain que les Mexicains, qui devient critique envers son pays en découvrant une autre réalité qui lui plaît. Ce cas est négatif pour l’entreprise car lors du retour, soit il démissionne, soit il se réintègre avec difficulté dans le moule français. Le retour est douloureux pour lui. Positif pour l’expatrié car s’il décide de démissionner pour rester, alors il fera sa vie sur place dans un pays qui lui convient culturellement très bien. Le dernier cas, le satisfait, est le cas idéal. C’est l’expatrié content d’être là, qui ne voit que le côté positif de son expatriation, sans oublier d’où il vient et qu'il sera content de rentrer lorsque l’heure du retour sonnera. En clair c'est l'expatrié qui sait faire la part des choses, intégrer les éléments positifs du pays d'accueil (la tolérance, la patience par exemple au Mexique) et qui incite ses interlocuteurs à respecter ses propres qualités (la rigueur ou la liberté d'expression par exemple).
L’adaptation n’est pas innée c’est un effort, un apprentissage qui nécessite d'y être préparé et un effort de patience. Malheureusement, peu d’entreprises investissent dans cet apprentissage alors que les conséquences peuvent être humainement douloureuses et financièrement coûteuses. C'est plus souvent une démarche personnelle donc aléatoire. Olivier SOUMAH-MIS. (www.lepetitjournal.com - Mexico) mardi 16 octobre 2007
Plus d'infos OSM INTERNATIONAL : osmconsulting@hotmail.com Olivier Soumah-Mis est le directeur de l’édition de Mexico du Petitjournal.com et spécialiste du management interculturel |