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Les restes de la religieuse Léonie Duquet, arrêtée par la dictature militaire en 1977 et portée disparue depuis, ont été identifiés. La nouvelle a été officiellement communiquée hier dans la Salle des Accords des tribunaux de la rue Comodoro Py, à Buenos Aires
Léonie Duquet et Alice Domon, les deux religieuses françaises disparues pendant la dictature argentine. (Photo : AFP)
Les restes de la religieuse française Léonie Duquet, victime de la dictature argentine qui gouverna le pays de 1976 à 1983, ont été identifiés par l’équipe de médecins légistes du département d’Anthropologie Nationale Argentine. L'identification a abouti grâce aux tests ADN qui avaient été pratiqués début juillet sur sept corps inhumés d’une fosse commune du cimetière de la petite localité de General Lavalle (province de Buenos Aires).
Si les restes d’Alice Domon, l'autre religieuse française disparue, n’ont pas été identifiés, l’identité de trois autres corps a pu être déterminée. Il s’agit de trois dirigeantes de l’association Mères de la Plaza de Mayo, Azucena Villaflor, Esther Ballestrino de Careaga et María Ponce de Blanco, disparues à la même date que les deux religieuses françaises. Les sept corps avaient été retrouvés sur la côte atlantique à quelques jours d’intervalle, entre le 20 et le 29 décembre 1977.
A la fin de la conférence de presse, Blandine Kreiss a remercié les autorités argentines qui sont intervenues pour identifier les restes de Léonie Duquet. (Photo : AFP)
Le gouvernement français reconnaissant
A la fin de son entretien avec le juge intervenant, Blandine Kreiss, Premier Secrétaire de l’Ambassade de France, a transmis dans une conférence de presse la reconnaissance et les remerciements du gouvernement français aux autorités argentines pour « ce résultat si important dont nous avons pris connaissance avec une grande émotion ».
Me Horacio Mendez Carrera, l'avocat des familles des deux religieuses, a dénoncé l’ex-capitaine Alfredo Astiz comme « le responsable de l’arrestation de Léonie Duquet et d’Alice Domon dans le but de préserver son identité ». Astiz, s’était en effet infiltré au sein du mouvement des Mères de la Plaza de Mayo en se faisant passer pour un parent de disparus.
Estela de Carlotto, l'actuelle présidente de l'association, voudrait demander une plus grande expertise à « ces os qui parlent, afin de vérifier si vraiment elles sont mortes de l’impact contre l’eau de l’océan lorsqu’elles ont été lancées vivantes depuis un avion en vol », comme on le suppose pour l'instant.
Léonie Duquet avait été arrêtée le 10 décembre 1977, à son domicile de la paroisse de San Pablo où elle habitait, à Ramos Mejía, une localité du Grand Buenos Aires. Emmenée à l’Escuela de Mecánica de la Armada, elle fut, au bout de dix jours, transférée sans destination explicite. Elle avait 61 ans.
Suzanne THIAIS. (LPJ) 30 août 2005 |