|
Las de la guerre qui a détruit leur pays, les réfugiés irakiens aspirent à une vie stable et sécurisée en Egypte. Mais les difficultés sont nombreuses 
Magid et son fils devant la boulangerie familiale (Photo Marwa Helmy)
Les fils du Tigre et l’Euphrate , lit-on sur le grand panneau affiché sur la boulangerie de Mohamed Magid, Irakien de 50 ans, qui vit au Caire depuis deux ans. A l’intérieur, devant la chaleur du four, Moustafa, 15 ans aide son père. "Je suis venu en Egypte par crainte de perdre ma famille", déclare Mohamed Magid. Policier dans l’ancienne armée iraquienne, la situation sanglante l’a obligé à quitter sa ville, Bagdad, après avoir vendu sa maison. Il vit avec sa femme et ses cinq enfants dans un appartement à Maadi. Dans le même immeuble, il a loué la boulangerie, un petit projet qui l’aide à gagner sa vie. En Egypte, Magid a commencé une nouvelle vie, mais avec des nouvelles souffrances. "J’ai changé sept fois d’appartements en deux ans. Les propriétaires profitent de la situation pour augmenter le loyer", explique-t-il. Magid est entré en Egypte grâce à un visa touristique d’un mois. Il a pu le prolonger pour quelque mois, mais les problèmes avec son carnet de séjour, essentiel pour l’inscription dans les écoles, ont commencé après. "J’ai multiplié les allers-retours entre les autorités égyptiennes et le Haut Commissariat pour les réfugiés au Caire", raconte Magid, qui a finalement obtenu le droit d’asile. Il ajoute : "L’Egypte n’accorde plus de visa depuis décembre dernier, et un dépôt bancaire de 50.000 dollars est exigé". Ecole publique interdite Selon le ministère égyptien des Affaires étrangères, entre 100 à 130.000 Irakiens se sont installés en Egypte. Selon le HCR, en Egypte, en janvier dernier, 11.000 avaient demandé le droit d’asile ; parmi eux, 5.000 l’ont eu. Les enfants des réfugiés n’ont pas le droit de s’inscrire dans les écoles gouvernementales. Les écoles privées profitent donc de la situation. "L’Egyptien paye 1.600 LE (environ 200 euros) par an pour son enfant. J’étais censé payer plus que le double", précise Magid. "C’est triste de profiter de notre situation de cette manière" commente-t-il, le regard douloureux. Les enfants de Magid étudient donc à la maison : "Mais je paye à peu près la même somme en leçons privées". Il estime en revanche que ses enfants ont pu s’intégrer dans la société égyptienne. C’est en Egypte que Magid a appris la nouvelle de l’assassinat de ses deux frères. "À chaque fois que le téléphone sonne, je frissonne", avoue-t-il. L’avenir est plus qu’incertain, pourtant, il affirme que la moindre amélioration de la situation en Iraq l’encouragera à rentrer. Sans se retourner. Marwa HELMY. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) mardi 16 octobre 2007 |