| Ecrit par Cécile Boutelet,
le 15-10-2007 00:00
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Samedi soir, les Français de Berlin étaient de sortie, demi-finale France-Angleterre oblige. Les bars français et irlandais de la ville ont été pris d’assaut par des groupes entiers de supporters des Bleus, parfois au prix d’une douloureuse cohabitation avecles Anglais. Ambiance Attroupement devant le bar Oscar Wilde, Friedrichstraße... les Français tiennent le pavé, ils sont déçus (Photo. C. B.)
20h30. Bar Visite ma tente. Il est impossible de s’asseoir. Il est même impossible d’entrer. Ce petit bar de Prenzlauer Berg, connu comme "le bar des Français", ne peut faire face à la demande. Les derniers arrivés tentent en vain de fendre la foule, le petit coin qu’ils trouvent ne permettent même pas de voir un quart de l’écran. Quant à la bière de rigueur, mieux vaut l’oublier. Dehors, sur le trottoir, c’est le conciliabule, on échange des plans. "Vous savez où on peut voir le match ailleurs ?". On se dit que les pubs irlandais seront sûrement nombreux à retransmettre le rugby… en espérant qu’ils ne préfèrent pas le foot. Les Français remontent vite sur leurs vélos, le temps passe. 21h00. Au bar Kilkenny à Hackescher Markt, la Marseillaise retentit. Heureusement que les Irlandais sont là. Mais à l’intérieur du bar, pas moyen de d’accéder à la salle réservée au ballon ovale. Trop de monde, Français et Anglais, une chaleur étouffante. Idem à l’Oscar Wilde, Friedrichstraße, où les vitres dégoulinent et où la fumée est épaisse.
Des Allemands supportent le rugby français ! 21h20. Finalement, il reste quelques places à Peugeot Avenue, Unter den Linden, même si l’atmosphère n’est pas aussi torride que chez les Irlandais. On est absorbé par l’écran géant. Comme sur le stade, les spectateurs encouragent peu, rongés par l’angoisse. Ce n’est qu’à la deuxième mi-temps qu’ils commencent à exprimer leur énervement. Les dernières minutes torturent les visages, jusqu’à la défaite cuisante. Dans la salle, pas d’Anglais venus assister au match, mais, chose extraordinaire, des Allemands, maquillés et armés du drapeau tricolore ! "Oui, c’est assez rare que des Allemands s’intéressent au rugby, explique Daniel, lycéen allemand, mais on a été initiés lors de nos échanges avec des correspondants français", dit-il avant de commenter le match avec un œil de pro. "C’était mon premier match, raconte son collègue Florian, j’ai beaucoup aimé, je trouve que c’est la France qui a le mieux joué", dit-il, encourageant. Avec de si bonnes volontés, on se dit que le rugby devrait faire partie des programmes d’échanges franco-allemands… "On a voulu jouer comme les Anglais !" Autre son de cloche à la sortie du bar Oscar Wilde, à quelques centaines de mètres de là, où des dizaines de Français sont attroupés sur le trottoir. "C’était un sale match !, tonne Lionel, étudiant à la TU de Berlin. C’était laid, on n’a pas vu le rugby français ! Pas de suspense, l’équipe de France avait trop de pression, trop peur de mal faire !". Un autre Français renchérit : "Ils ont voulu jouer comme les Anglais, on a vu beaucoup trop de drops, on n’a pas su s’exprimer !", dit-il, véhément. D’autres Français se disent un peu déçus, mais au fond contents de leur match. Ils l’ont passé côte à côte avec leur adversaires anglais et estiment que les Français sont de bien meilleurs supporters. "Pff ! Les Anglais ! Ils ne chantent qu’une fois qu’ils ont gagné !" siffle Sébastien, qui avoue qu'il ne sait pas encore s’il ira voir la finale… "Si la France n’y est plus…". Cécile BOUTELET (www.lepetitjournal.com - Berlin) lundi 15 octobre 2007
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