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A l’approche des élections, le Conseil de Sécurité Nationale a décidé vendredi de lever la loi martiale dans 11 provinces du pays, mais entend la remettre en vigueur dans 3 autres. Un tour de passe-passe qui semble s’inscrire dans la politique d’éradication du camp Shinawatra lancée depuis le coup d’état et fait craindre à certains de voir le scrutin annulé Présidé par le nouveau Vice-Premier Ministre en charge de la sécurité intérieure, l’ancien chef de la junte, Sonthi Boonyaratkalin, le Conseil de Sécurité Nationale a convenu vendredi de lever la loi martiale sur 11 des 35 provinces thaïlandaises, toujours sous règlementation militaire depuis le coup d’état du 19 septembre 2006. Cependant, le panel a également proposé de réinstaurer la loi militaire dans 3 autres provinces. 27 provinces toujours sous loi martiale Le projet, qui doit encore passer demain en conseil des ministres, concerne les provinces de Chaiyaphum, Khon Kaen, Nakhon Ratchasima, Maha Salakham, Roi Et, Nong Bua Lam Phu et Udon Thani, dans le nord-est, Kamphaeng Phet dans le nord, Phetchaburi et Ratchaburi dans la région centre, et enfin Prachuap Khiri Khan dans le sud. Les trois provinces retombant sous la loi martiale sont Nong Khai, Nakhon Phanom et Mukdahan, solides bastions de l’ancien Premier Ministre Shinawatra qui ont rejeté la Constitution lors du référendum du 19 août dernier. Au final, 27 provinces sur 76 que comptent la Thaïlande, devraient rester sous loi martiale, dont Chiang Mai, la ville natale de Thaksin Shinawatra. Le Conseil de Sécurité Nationale s’était réuni vendredi à la suite des appels répétés de la classe politique pour que la loi martiale soit levée avant les élections. Plusieurs partis politiques et groupes pro démocratie craignent notamment que les perdants des élections à venir ne puissent invoquer les restrictions militaires pour contester et faire annuler le résultat du scrutin. Craintes d’une main mise militaire sur les élections Des critiques dénoncent d’ailleurs une tentative de contrôle militaire des bastions pro-Thaksin pour empêcher le camp de l’ancien Premier Ministre de remporter des sièges aux prochaines élections prévues le 23 décembre. L’entrée de l’organisateur du coup d’état au gouvernement, il y a deux semaines, juste après son départ en retraite militaire et de la tête de la junte, avait d’ailleurs suscité des craintes qu’il ne prenne le contrôle de l’organisation des élections. Pour justifier le maintien de la loi militaire dans ces zones, Sonthi Boonyaratkalin a invoqué des "risques pour la sécurité nationale" notamment posés par une forte criminalité dans les zones frontalières due aux trafics illégaux. Il a en revanche nié tout motif d’ordre politique. Cité par la presse thaïlandaise, l’ancien chef de la junte a affirmé que, "bien qu’étant sous loi martiale, les groupes politiques de ces provinces peuvent librement mener leurs activités, du moment qu’ils respectent la loi électorale et ne causent pas de menaces pour la sécurité du pays"… Et d’ajouter : "Il est possible que nous levions la loi martiale dans davantage de zones ou la réinstaurions dans d’autres". La loi martiale avait été imposée dans tous le pays au moment du coup d’état en septembre 2006 qui avait renversé le gouvernement de Thaksin Shinawatra. En janvier cette année, 41 des 76 provinces étaient revenues à la normale, dont Bangkok. Pierre QUEFFELEC. (www.lepetitjournal.com Bangkok) lundi 15 octobre 2007 |