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CULTURE - Un art de genre nouveau |
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lundi 15 octobre 2007 |
L’art digital a désormais sa place en Roumanie. Inaugurée il y a presque six mois, la galerie "115" est la seule en son genre en Europe de l’est. Les tableaux exposés ont un goût de nouveau millénaire, tout comme la façon de les vendre
 (Photo J.R.)
Une oeuvre, une impression numérique et un droit de reproduction limité. Voilà en trois mots ce qu’est l’art digital. "115 est la première galerie de l’est de l’Europe dédiée entièrement à cet art. L’exposition actuelle accueille 91 artistes du monde entier, dont 9 Roumains, et elle s’appelle "Art : part two" (art : deuxième partie), c’est une métaphore, la première partie étant l’art traditionnel" explique Silvana Bratu, l’une des responsables de la galerie. Il est vrai que les nombreuses toiles exposées ont peu de chose à voir avec la peinture traditionnelle. Pour être plus précis, cet art nouveau regroupe toute oeuvre créée ou modifiée par un processus informatisé. Dans ces tableaux, on retrouve parfois un graphisme de bande dessinée, parfois un univers de science fiction, ou bien des montages photo. Des oeuvres résolument modernes et inhabituelles dans une galerie d’art de Bucarest.
 (Photo J.R.)
115 exemplaires Le concept de vente est lui aussi tout à fait original. "On possède la première imprimante dédiée à l’art. Elle nous permet d’imprimer directement une toile, tout en assurant à l’artiste que la couleur électronique de son œuvre sera exactement la même. Un autre avantage de cet "art printer" (impression d’art) est que les pigments sont garantis 200 ans", continue Silvana. Le contrat que signe l’artiste avec la galerie contient un nombre de reproductions déterminé à l'avance pour un territoire donné. Comme son nom l’indique, la galerie bucarestoise peut imprimer 115 exemplaires de chaque toile, certaines oeuvres pouvant également être présentées et vendues dans une galerie étrangère. Pour Silvana, "cette méthode permet d'offrir des prix assez modestes pour le monde de l’art, car le but est aussi de permettre aux budgets plus modestes d’accéder à l’art". Un concept sympathique qui a cependant ses critiques. Pour Octav Avramescu, de l'association "Jumatatea plina" qui promeut la bande dessinée en Roumanie, une oeuvre d'art n'est pas reproductible car elle est, par définition, unique. Le débat est ouvert. Quoi qu'il en soit, cette galerie vaut le détour. Jules RAVAUD. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) lundi 15 octobre 2007
Galerie "115", Strada Mihai Eminescu, nr 115, Bucarest Site web : www.115.ro |