Chaque premier vendredi du mois, le petit journal sélectionne un restaurant. Cuisine française, mexicaine, fusion, une ambiance, un lieu ou un chef, les styles et les raisons changent. Ce mois-ci, Côté Sud, dans la Roma.
Côté Sud, mais ce sont des photos de La Baule sur les murs. Côté sud, mais la cuisine est plus généralement européenne. Le premier chef était Alsacien, celui d’aujourd’hui est Mexicain, le patron historique est Parisien d’origine barcelonaise. Quand on lui demande si l’idée d’origine était la cuisine provençale, il répond oui, tout simplement, puis s’excuse d’avoir changé. Côté Sud, un nom qui sonne bien, c’est tout. Plus qu’une invitation au voyage, c’est une invitation à l’escale, à se reposer un moment. En arrivant, les murs en crépi jaune sont chaleureux : le nom a naturellement déteint sur l’ambiance, sans artifice de décoration, sans volonté d’ "authentoc".
Une absence de concept, un naturel qui sied au quartier : Orizaba, au moment où elle croise Colima, c’est toute la Roma : d’un côté on est à deux pas des galeries de luxe et des plus belles maisons de la ville, de l’autre le quartier est resté simple et presque populaire, peu entretenu. Les rues sont bordées d ‘arbres, mais les feuilles ne sont pas ramassées. Marseille, pas Saint-Tropez. Côté sud, c’est un peu vrai. Le matin, le midi, pour 150 pesos on mange vite et très bien. De retour au WTC en 10 minutes. A la Condesa en 5 minutes. A l’Angel en 8 minutes. Le soir, on prend davantage son temps et on vient y chercher pour 250 pesos une viande en sauce, une soupe à l’ognon…
Les escargots Côté sud, ce n’est pas de la gastronomie. Le seul terme est trop prétentieux pour le fondateur et copropriétaire du lieu. On vient ici le midi pour une crêpe au sarrasin ou une galette, et le soir on vient pour les estofados, la série de plats préférés du chef. Blanquette de veau, bœuf bourguignon, etc. Nous avons un petit (gros) faible pour les escargots en entrée : ils sont parfaits et peuvent se prendre par six ou douze. Autre petite idée qui vaut son pesant d’or en le faisant économiser, ce sont les demi-portions. Pour quelques « platos fuertes », il est possible de prendre des demi assiettes. Et un bœuf bourguignon made in grand-mère pour 80 pesos, vous en connaissez beaucoup en ville ? C’est la meilleure solution pour pouvoir décemment s’autoriser la crème brûlée ou la tarte tatin en fin de repas. Le clafouti aux pêches est une très bonne surprise. Côté Sud ne se prend pas pour autre chose que ce qu’il est : un petit resto sympa, aux prix très abordables, de la bonne bouffe à la française avec des produits locaux. Ne manque que la licence pour le vin, qui devrait enfin arriver début 2008. Le matin, musique classique ; le midi, musique du monde ; le soir, jazz ou chanson française. David Robert (www.lepetitjournal.com - Mexico) vendredi 5 octobre 2007
INFOS Côté Sud, ouvert tous les jours à partir de 8h, et le dimanche de 8h à 17h. Orizaba 87 (casi esquina Colima) / 52 19 29 81 / cotesudbistro@hotmail.com
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