| Ecrit par belgrade,
le 16-10-2007 00:00
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Les trains sont lents en Serbie. Cette affirmation n’étonnera personne, et surtout pas ceux, les plus nombreux, qui n’utilisent plus ce moyen de transport depuis longtemps. A l’heure où des investissements sont enfin prévus, notamment dans le matériel roulant, la radio-télévision B92 s’est amusée à comparer les temps de trajets actuels avec ceux du 19ème siècle. Edifiant Selon l’enquête de B92, il fallait en 1990, juste avant l’éclatement de la Yougoslavie, 2 heures et 10 minutes pour effectuer le trajet Belgrade-Požega. 17 ans plus tard, ce même trajet nécessite 2 heures et 50 minutes dans le meilleur des cas. Mais surtout, c’est la ligne Belgrade-Niš, la plus importante et la plus emblématique qui révèle toute l’étendue du problème. Construite en 1884, cette ligne, qui ne franchit aucun massif montagneux, reliait les deux grandes villes en 5 heures et 35 minutes. Une performance honorable pour l’époque, avec une vitesse moyenne de 45,5 Km/h. Mais alors que Milošević avait promis au début des années 90 un train à grande vitesse sur cet axe, il faut aujourd’hui 6 heures et 5 minutes pour effectuer le même trajet. Soit plus qu’au 19ème siècle ! Même en tenant compte de l’obsolescence du matériel électrique qui date des années 70 et surtout des infrastructures, dont plus de 55% du réseau ferré date toujours du 19ème siècle, de telles performances déroutent. Au rythme d’un siècle passé Alors, petit à petit, les voyageurs ont déserté les trains. D’abord au bénéfice du bus, plus rapide, et ensuite de l’automobile, comme partout en Europe. Heureusement pour les chemins de fer serbes, c’est le fret qui a pris la place. Celui-ci est en constante hausse. La semaine dernière a d’ailleurs vu un important mémorandum signé entre les chemins de fer Hongrois, Serbes et Monténégrins en vue d’établir une liaison directe de transport de container entre le port de Bar et Budapest. Mais si les trains sont lents, les gares sont tristes. Mis à part le projet de nouvelle gare à Belgrade, dont nous avons déjà parlé ici, rien de joyeux ne transpire des halls de gare serbes. Résultat, les derniers voyageurs à préférer le train sont ceux qui ne peuvent faire autrement. Car le train reste le moyen de transport le plus économique dans le pays. Pourtant, le train, c’est un état d’esprit. Bien plus agréable que le bus. Alors, si l’envie de découvrir la Serbie de l’intérieur vous démange, n’hésitez plus ! Car dans les trains serbes, on sort encore le déjeuner du sac quand l’appétit vient. Et on partage. Peu importe alors les heures qui s’étirent dans des wagons mal chauffés l’hiver, une ambiance naît parfois, bercée par le rythme lent des rails fatigués… François Xavier DELISSE. (www.lepetitjournal.com - Belgrade) mardi 16 octobre 2007
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