| Ecrit par ROME,
le 12-10-2007 00:00
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Noir, c'est noir... Et la bande dessinée n'est pas, de loin, le parent pauvre des enquêtes policières. En octobre, l'Aventure propose de découvrir "Trois ombres" et "Les gardes fous". Cavales, aventures, intrigues plongent le lecteur dans deux thrilleurs haletants "Trois ombres" de Cyril Pedrosa
Joachim et ses parents vivent heureux. Jusqu’au jour où l’horizon s’obscurcit de trois ombres, d’abord fugaces puis toujours plus présentes, toujours plus inquiétantes. Les parents comprennent, terrorisés, que c’est à l’enfant que ces trois cavaliers en veulent. Refusant le malheur annoncé, le père décide, pour sauver Joachim, de fuir avec lui, très loin, au delà des mers, au pays de ses ancêtres. Commence alors une longue cavale, une longue et vaine course contre la mort… Ce conte fantastique en bande dessinée de 270 pages se lit d’une seule traite. Le talent de Pedrosa fait de cette longue métaphore intimiste une palpitante aventure, dans laquelle le lecteur partage les bonheurs, les rages et les désespoirs de ces parents confrontés à ce qui pour eux est le pire. Avec ses stylos, pinceaux, fusains, en délaissant la couleur qu’il utilisait dans ses précédents albums, mais en diversifiant les encrages selon l’ambiance qu’il souhaite nous faire partager, Cyril Pedrosa exécute un véritable ballet graphique pour transcrire en autant de séquences les épisodes et les émotions de cette course désespérée pour rester du côté des vivants Une fable émouvante, parfois éprouvante, mais fondamentalement optimiste, qui vous laisse partager entre l’affliction et le bonheur et demeure dans la mémoire. "Les garde-fous" de Frédéric Bézian
L’intrigue des "Garde-fous" est celle d’un thriller en huis clos. Boris Lentz, éditeur à succès, s’est retiré avec sa femme et son beau-père dans une villa isolée par un lac et soigneusement gardée. Alors qu’il organise une réception pour fêter sa nouvelle parution à succès, un inspecteur de police vient annoncer qu’un tueur en série devrait se trouver dans les environs pour faire une nouvelle victime, Alice, la femme de l’éditeur. Une intrigue en apparence ténue à partir de laquelle Bézian produit un roman graphique profondément original, marqué d’expériences formelles. Le lieu d’abord, cette villa, dont les fondations reposent sur le silence et les lignes droites, et dont les espaces sont conçus avec goût et élégance, mais dont le caractère d’immense cage, en permanence striée de lignes verticales et horizontales renforce la tension qui découle de la présence possible d’un tueur. La galerie de personnages ensuite que l’auteur installe et fait jouer, se mouvoir et parler, avec autant de sobriété que d’expressivité. Les couleurs, quelques teintes neutres que les lumières déchirent et qui contribuent à créer une atmosphère froide, métallique . Une œuvre d’auteur, difficilement classable ou réductible à tel ou tel genre, et qui justifie que l’on découvre ou redécouvre Frédéric Bézian. Jackie BOUGAULT. (www.lepetitjournal.com - Rome) vendredi 12 octobre 2007 
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