|
Le piratage représente aujourd’hui au moins 5% du commerce mondial. La Mission économique en Argentine et la Cámara Argentina de Comercio ont organisé une journée de sensibilisation contre ce fléau qui lèse autant les fabricants que les travailleurs et les consommateurs
La France a doté ses douanes de moyens pour lutter contre la contrefaçon sur son sol et en dehors. Ici, après la saisie de plusieurs tonnes de copies d'articles de la marque Louis Vuitton. (Photo : AFP)
Dans un monde de globalisation des échanges, la contrefaçon et le piratage représentent aujourd’hui entre 5 et 9% du commerce international. Ce marché parallèle représenterait un manque à gagner de 250 à 450 milliards d’euros par an.
L’Union Européenne estime que l’impact des produits falsifiés sur le commerce constitue une perte de huit milliards d’euros par an pour son PBI. Les entreprises, elles, souffriraient un déficit de 45 à 65 millions d’euros pour leurs bénéfices.
En France, une entreprise sur deux a déclaré être victime du piratage, soit une perte de presque six milliards de dollars US pour le secteur formel. Depuis 2004, la France a mis en place un plan de lutte contre la falsification applicable non seulement au niveau local mais aussi à l’étranger. Toute une série de normes, qui s’appuient sur des accords multilatéraux, des directives européennes et des principes nationaux, permettent à la France de protéger ses entreprises contre le piratage dont elles sont victimes même hors de ses frontières.
Dans le cas de l’Argentine, le piratage représenterait quelque 20 milliards de pesos : ce sont les estimations officielles qui découlent des délits constatés en 2003. Comme au niveau international, les secteurs les plus lésés sont : les logiciels (62% de produits pirates), les produits phonographiques, notamment les disques (45%) et, en 3ème position, le secteur de l’habillement.
« Un haut niveau d'informalité » en Argentine
Une fois les chiffres du fléau posés, on comprend pourquoi la Mission économique de l’Ambassade de France en Argentine et la Cámara Argentina de Comercio (CAC) ont organisé jeudi dernier une journée anti-contrefaçon. Destiné à ouvrir le débat sur les conséquences néfastes que la piraterie entraîne, l’événement visait principalement à sensibiliser les acteurs de l’économie et les pouvoirs publics.
Dans son discours d’ouverture de la journée, Blandine Kreiss, Premier Conseiller de l’Ambassade de France, a expliqué clairement que ces pratiques défavorisent aussi bien les fabricants que les consommateurs et les travailleurs. Elle a ajouté qu’« il existe en Argentine un haut niveau d’informalité ».
Les représentants de l’administration présents (Ricardo Echegaray, Directeur général des douanes, le Commissaire José Antonio Portaluri, chef du Département de délits fédéraux, et Guillermo Montenegro, Juge du tribunal fédéral n°7) ont tous affirmé leur volonté de lutter contre le piratage sous toutes ses formes. Mais ils ont aussi reconnu que l’Argentine n’avait pas encore la législation adéquate ni les outils nécessaires pour combattre efficacement la fabrication et le commerce de produits illégaux. Ils ont aussi rappelé que la prise en considération par l’Argentine du délit de contrefaçon comme un délit fédéral, c’est à dire national, n’est qu’un phénomène récent.
Suzanne THIAIS. (LPJ) 29 août 2005 Pour plus d’infos, s’adresser à : www.missioneco.org/argentine |