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Les réseaux criminels qui sévissent en Grèce n'ont rien à voir avec des organisations comme Casa Nostra dont les membres étaient initiés de père en fils. La Police nationale tente, au quotidien, de cerner leur mode de fonctionnement et d'action (Photo Ministère de l'Ordre Public) Depuis le début de l'année 2007 jusqu'au mois d'août, la brigade anti crimes organisés a démantelé, en Attique, 37 “réseaux” et procédé à l'arrestation de 127 personnes pour des actes du type cambriolage, escroquerie, ou proxénétisme. Bien souvent, alors mêmes que des actions semblent être réalisées de manière indépendantes et par des individus n'ayant absolument aucun rapport entre eux, elles sont le fait d'un seul vaste réseau recrutant ses hommes de main selon leur spécialité et leur... nationalité. Ainsi, El. As., la Police nationale grecque, constaste que les criminels d'origine albanaise sont le plus souvent impliqués dans des effractions et du trafic de drogue, les Roumains, dans le trafic humain, les Bulgares, l'escroquerie et les Turcs, dans le transport de clandestins. D'autre part, les nouvelles technologies comme moyens de communication sont de plus en plus utilisées par ces réseaux : téléphone par satellite, par internet ou discussions en ligne se généralisent. La Grèce reste cependant un marché relativement petit pour les malfaiteurs, affirment les autorités. Les réseaux sont donc bien moins développés que ceux qui sévissent en Russie, Italie, ou Chine. Autre caractéristique, les bandits grecs investissent leur argent sale dans des centres de divertissements nocturnes tandis que les criminels étrangers préfèrent les biens immobiliers. De grosses sommes d'argent circulent ainsi, au risque de déformer l'économie nationale.
Le plus grand réseau de trafic humain démantelé en juin dernier En juin dernier, le démantèlement du plus grand réseau de traite des femmes à des fins d'exploitation sexuelle, jamais vu en Grèce, a permis de mieux comprendre la structure et le mode de fonctionnement de ces organisations criminelles. 73 personnes ont alors été arrêtées, de différentes nationalités. Chacune d'entre elles jouant un rôle très précis. Les victimes étaient “recrutées” par des Russes, des Hongrois et des Moldaves dans leurs pays d'origine tandis que la fourniture de faux papiers était prise en charge par des Roumains, des Bulgares et des Grecs. D'autres personnes, d'origine albanaise et grecque, s'occupaient, elles, du logement des jeunes femmes et de leur transport vers les lieux de rendez-vous avec des clients. Appâtées par des petites annonces et via Internet, les victimes se voyaient promettre des places de serveuses ou de masseuses en Grèce, pour un montant de 25.000 euros qu'elles devaient rembourser une fois sur place. Exploitées et prisonnières, les jeunes femmes ne pouvaient fuir sans mettre leur famille, menacée de représailles, en danger. Delphine MILLET PRIFTI. (www.lepetitjournal.com – Athènes) jeudi 11 octobre 2007 |