|
SOCIETE - Diplômes en toc et en stock |
|
|
jeudi 11 octobre 2007 |
Plusieurs dirigeants politiques se sont vus accuser d'arborer de faux diplômes. Une tendance de la société argentine qui tend à s'estomper
(Photo Fac de Médecine - UBA)Du vrai et faux dans les diplômes. Oui, Cristina Kirchner, candidate à l’élection présidentielle du 28 octobre, a bien été diplômée comme avocate à l’université de La Plata, a confirmé, la semaine dernière, son recteur face à la polémique née autour du supposé faux certificat de la favorite des sondages. Non, Juan Carlos Blumberg, actuellement candidat au poste de gouverneur de la Province de Buenos Aires, qui se fait couramment appelé "ingénieur Blumberg", n’a jamais suivi une telle carrière universitaire. Tout comme Jorge Telerman, maire de Buenos Aires jusqu’en décembre prochain, qui admettait il y a quelques mois, utiliser le titre de de "licenciado" (titulaire d’une maîtrise) alors qu’il n’avait pas obtenu les notes suffisantes.
Comme un titre de noblesse "Longtemps, en Argentine, la classe sociale aisée, qui pouvait s’offrir l’université, utilisait son titre universitaire dans la vie courante. Celui-ci résonnait comme un titre de noblesse, explique Enzo del Ben responsable du secteur ressources humaines au sein du cabinet Torrent Auditores. Si cette utilisation de titre est, dans la vie courante, sans conséquence, il n’en est pas de même pour la vie professionnelle". Cet abus de diplômes par les hommes et femmes politiques est-il un mauvais exemple ou le reflet de la société argentine ? "J’ai été surpris par le nombre de personnes qui déclaraient savoir faire quelque chose alors qu’elles en étaient franchement incapables, explique ce chef d’entreprise français installé depuis un an en Argentine. Quand on trouve des gens compétents, il faut absolument savoir les garder..."
Record de scolarisation Pourtant, en Argentine, six personnes sur dix poursuivent des études supérieures. C’est le taux le plus élevé en Amérique Latine devant le Chili (46,2%) ou le Brésil (22,7%). Au total, en 2005, le ministère de l’Education évaluait à 1,540 million de personnes qui fréquentaient les bancs des universités publiques et privés. Un peu plus de 15% des étudiants ont plus de trente ans. "L’abandon des études est moins fréquent que par le passé, commente Enzo Del Ben. Aujourd’hui, les parents accompagnent leurs enfants jusqu'à la fin des études universitaires". Au total, le pays compte 1,142 de professionnels diplômés toutes catégories confondues (comptables, avocats, médecins…). Il existe une manière simple de repérer les menteurs. En effet, les diplômés doivent justifier de leurs acquis devant le collège professionnel qui leur correspond et qui leur donne un numéro d’immatriculation. Pour le reste des métiers, le chef d’entreprise devra lui-même se rendre compte des véritables capacités de ses recrues. "Les gens cherchent leur seuil de compétences, explique Enzo Del Ben. Certains se trompent, d'autres s’en sortent très bien." Caroline BEHAGUE. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) jeudi 11 octobre 2007 |