| Ecrit par Cambodge,
le 09-10-2007 01:00
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Dans le cadre de la Journée Mondiale de l'Enseignement, co-organisée par Aide et Action et l’Institut National de l’Education (INE) et célébrée vendredi dernier dans les locaux de l’INE, Oeur Saroeun, directeur de l’école Veal Meanchey dans la province de Kompong Speu, témoigne

Enfants de l’école de Kompong Speu (Photo Aide et Action) "Pour être un bon professeur, il faut premièrement avoir une conscience professionnelle, aimer son métier. Deuxièmement : aimer les enfants. Troisièmement : être en lien avec la communauté. Quatrièmement : trouver des méthodes pour apprendre aux élèves. Cinquièmement : décorer la classe et avoir de l’ordre pour être un bon modèle pour les élèves." Oeur Saroeun, 48 ans, a derrière lui vingt-trois ans d’expérience comme enseignant et quatre comme directeur de l’école Veal Meanchey dans la province de Kompong Speu. Chhun Savoeun, 23 ans, et Chim Chandara, 24 ans, écoutent attentivement ses conseils. Il ne fait aucun doute pour elle comme pour lui que la meilleure chance pour une éducation réussie reste la qualité du professeur. Tandis que les jeunes institutrices évoquent le manque de temps à consacrer aux élèves dans un système scolaire où les enfants ont cours par demi-journées et non en journées pleines, Oeur Saroeun insiste sur la nécessité de la formation, surtout pour les enseignants les plus anciens : "Moi j’ai commencé l’école de pédagogie il y a plus de vingt ans, explique-t-elle. Il y a eu beaucoup d’évolution, en particulier dans les techniques d’enseignement mais les jeunes professeurs, eux, ont acquis ces techniques nouvelles." "Si vous allez à l'école, vous pourrez soutenir votre famille" Concrètement, au village, le métier de ces professeurs ne se limite pas à l’enseignement de la littérature, du calcul, des sciences sociales et de l’histoire. Leur niveau d’instruction les amène souvent à émettre des avis sur des sujets aussi divers que les nouvelles techniques agricoles ou les projets locaux, même si l’essentiel de leur travail en partenariat avec les responsables de la commune vise à résoudre des cas d’absence à l’école. Chhun Savoeun raconte par exemple ses pérégrinations dans les villages alentours afin de repérer les familles dont certains enfants ne sont pas scolarisés. Elle n’argumente pas auprès des adultes sur la nécessité de recevoir une éducation scolaire. Elle laisse les responsables de la commune prendre le relais une fois qu’elle leur a transmis ses données. En revanche, aux élèves qu’elle accueille à la rentrée, elle explique l’importance de l’école : "Si vous savez lire et écrire, argumente-t-elle, vous trouverez un bon emploi, vous n’aurez pas à travailler la terre aussi durement que vos parents, vous pourrez soutenir votre famille."
"Sur 100 enfants en âge d’être scolarisés, 5 ne suivent pas encore les cours" Dans ce village situé à une heure de Phnom Penh, les adultes sont en effet de cette "génération perdue" par les années de guerre et le régime khmer rouge. Ils n’ont pas eu accès à l’école et y poussent leurs enfants depuis qu’elle a été inaugurée il y a quatre ans. Les parents sont d’autant plus convaincus par l’utilité de l’école que les ouvriers originaires du village qui reviennent parfois en visite, racontent comment les responsabilités échoient aux plus éduqués. "Sur 100 enfants en âge d’être scolarisés, 5 ne suivent pas encore les cours", estime Oeur Saroeun. Le directeur, soutenu par la commune, a bon espoir d’y amener tous ceux qui ont le droit à une éducation. Objectifs du millénaire ou pas, c’est la mission qu’il s’est assignée. Aide et Action (www.lepetitjournal.com - Cambodge) mardi 9 octobre 2007 Pour soutenir les projets de Aide et Action, contacter leur bureau régional au Cambodge à l’adresse info@aea-sea.org. Vous pouvez également vous rendre sur le site www.aea-sea.org.
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