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En Egypte, de plus en plus de patients sont dirigés vers la physiothérapie, notamment parce qu’elle permet d’éviter la chirurgie. Mais il s’agit d’un traitement difficile, qui a besoin de temps, de patience et d’efforts 
Des dizaines de patients attendent dans la pièce d’accueil d’un centre médical de physiothérapie de la rue El-Soudan, dans le quartier Mohandessine. "Nous accueillons une trentaine de patients par jour, précise Salma, la réceptionniste. Nous disposons de trois pièces équipées et réparties en plusieurs compartiments séparés chacun par des rideaux, mais tous occupés." Heba, médecin du centre, explique que les spécialistes envoient leurs patients aux centres de physiothérapies pour compléter ou substituer un traitement initial dans des cas bien spécifiques. La physiothérapie s'apparente à la kinesithérapie, mais elle met en oeuvre des traitements à base de vibrations, chocs électriques, chaud, froid... Le docteur Ali Hassan, le président du centre et spécialiste de physiothérapie, précise que cette médecine est essentielle pour traiter les maladies neuro-cérébrales et musculo-squelettiques, ou pour atténuer les douleurs comme substitut aux calmants dont l’usage excessif est déconseillé. Selon Karim, thérapeute, la physiothérapie permet de stopper la détérioration de certains cas de paralysie, de réhabiliter certains muscles avant et après une intervention chirurgicale pour amputation ou fracture. Dans beaucoup de cas, l’intervention chirurgicale s’avère inutile ou devient un dernier recours. "Je fais ces séances dès que des douleurs du dos me reviennent en raison de mon hernie discale. Je n’ai pas d’autre choix, mon orthopédiste trouve que la chirurgie n’est proposée que dans des cas bien précis", regrette Mohamed, 33 ans, allongé sur un appareil électrique et magnétique. S’armer de patience Mais est-ce que ces séances de physiothérapie sont efficaces ? Mme Nabila, 52 ans, assure : "Bien que la moitié droite du visage reste paralysée depuis six mois, je progresse tout de même, surtout qu’au début ma bouche ne bougeait pas correctement". Par contre, Mahmoud, un sportif âgé de 26 ans, béquille à la main et souffrant d’une rupture ligamentaire au pied droit révèle avoir accompli jusqu’ici 12 séances, faute de plâtre retiré prématurément pourtant il a toujours des douleurs. Le docteur Hassan explique que les séances échouent dans des cas très particuliers : si le cas du patient est mal diagnostiqué, si le patient manque aux séances de physiothérapie, ou s'il néglige les exercices ordonnés par son thérapeute. "Surtout, il faut faire preuve de patience. Parmi mes patients, j’avais une enfant de douze mois qui ne bougeait pas son corps depuis la naissance. Au bout d’un an et demi de séances intensives (7h tous les deux jours), elle a commencé à marcher", se rappelle Heba. Abdullah, 62 ans, souffrant d’un dysfonctionnement du système nerveux, estime qu’il ne suffit pas uniquement de s’armer de patience, il faut avant tout avoir les moyens de payer un minimum de 50 LE par séance. Mahitab Abdel Raouf. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) mardi 9 octobre 2007 |